La gauche radicale et ses tabous: entretien avec Aurélien Bernier

 

Le propos est certes ici franco-français – mais pourrait concerner d’autres pays dans l’hypothèse d’une montée de l’extrême-droite, et douteuse est la majuscule à « Nation ». Mais le propos est clair, sur l’essentiel: il ne faut pas craindre d’avoir un argument qui peut paraître, hors perspective, celui du Front national. C’est se censurer soi-même et laisser à l’extrême-droite le monopole de certaines réflexions, ce qui est plutôt grave, surtout pour une gauche qui se veut de gauche (de gauche.) Frédéric Lordon ne cesse de le répéter pour son compte propre. (Moi je veux contester ces thèmes, et je veux contester la monopolisation qu’en fait le Front National. (…) Le corps électoral cherche frénétiquement une différence. (…) Si la seule différence significative est portée par le Front National, alors le Front National connaîtra des succès électoraux.)
Et en effet, s’extraire du corsetage europénien à la Lordon ou quitter l’euro avec la fille Le Pen, ça n’a rien à voir.

Voici la présentation de cet entretien avec Aurélien Bernier  par Les Mutins de Pangée, qui le publient:

(Citation:)
« Paralysé par la peur de « dire la même chose que Le Pen », le Front de gauche s’enferme dans trois contradictions.
« Il veut restaurer la souveraineté populaire mais ne défend plus la Nation, seule espace possible pour une réelle démocratie.
« Il lutte pour « une autre Europe », sociale et solidaire, mais n’assume pas la nécessaire rupture avec l’ordre juridique et monétaire européen.
« Il est anticapitaliste mais renonce au protectionnisme contre le libre échange mondialisé qui brise toutes les résistances.

« Souveraineté populaire et nationale, désobéissance européenne et protectionnisme : tels sont les trois sujets tabous dont la gauche radicale doit se ressaisir, au lieu de les abandonner au Front National qui a beau jeu de se présenter comme le seul protecteur du peuple français. Ce même Front National qui, dans les années 80, chantaient les louanges de Ronald Reagan et de l’ultralibéralisme…

« Aurélien Bernier, ancien dirigeant d’Attac et proche du Front de Gauche, collabore régulièrement au Monde Diplomatique. Il a notamment publié Le Climat, otage de la finance (2008), Désobéissons à l’Union européenne ! (2011) et Comment la mondialisation a tué l’écologie (2012), aux éditions Mille et Une Nuits. »
(Fin de la citation)

http://www.lesmutins.org/La-gauche-radicale-et-ses-tabous

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