Si je dors la nuit, je meurs

Photo de remplacement provisoire (San Francisco 2012, G. L.) La photo liégeoise récente est dans un disque dur aux mains d’un réparateur

 

Bonjour!

Les SDF ne sont pas fous. Ils savent que la nuit, même s’ils n’ont rien à redouter des « éléments », comme en ce moment, les plus grands risques qu’ils courent sont les humains et la société. Aussi en voit-on dormir à midi, comme sur ma photo.

Il en va de même pour les réprouvés ukrainiens ou biélorusses qui préfèrent vivre dans le territoire interdit à la présence humaine autour de Tchernobyl. Ils peuvent, eux, dormir à toute heure, car leur vie tout entière a fui la nuit éternelle que leur promettent les autorités et la bien-pensance.

D’autres encore sont hospitalisés pour des mois, atteints d’une maladie terrifiante où chaque journée est gagnée sur la mort. J’en ai personnellement connue une. Dormir la nuit les expose à une absence de personnel et à des aides tardives. Le jour, ils peuvent s’abandonner par intermittence au sommeil inévitable, dans le ronron de l’activité diurne, des repas, des visites de contrôle, des soins.

Des insomniaques aussi. Eux non plus ne sont pas fous. Leur insomnies sont mystérieuses, mais elles ont raison. Quelque chose empêche le sommeil. Quand le soleil se lève, que la lumière vient, qu’à la belle saison les oiseaux chantent, l’insomniaque s’endort, c’est la libération.

Si je dors la nuit, je meurs.

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