David Dufresne, journaliste, recense les violences policières contre les gilets jaunes en France

Bonjour,

Vous avez peut-être fini par entendre David Dufresne, journaliste indépendant, spécialiste depuis vingt ans des questions de maintien de l’ordre et auteur d’un livre sur le sujet. Il faut comprendre que le maintien de l’ordre est une action policière très spécifique, et aussi la plus proche du pouvoir politique.
David Dufresne recense sur son compte Twitter les violences policières observables depuis le début du mouvement des gilets jaunes. …Les filmées, pas toutes donc!
Libération a proposé une infographie de ces résultats, et Mediapart, malheureusement en article payant, vient à son tour de présenter un tableau tenu à jour.

En mai 1968, le préfet de Paris écrivait à un responsable policier: « Frapper un homme à terre, c’est se frapper soi-même. » Les choses ont bien changé!
La vidéo ci-dessus est un entretien donné à Aude Ancelin sur Le Media, le 7 janvier. Ce jour-là, David en est à 246 signalements (aujourd’hui, plus de 300), dûment adressés au ministère de l’intérieur, « place Beauvau ». J’ai vu plusieurs entretiens avec David Dufresnes. C’est ici, merci Aude Ancelin, qu’il expose le mieux me semble-t-il, sa vision large de la question, portant sur la responsabilité politique de la « gestion » policière, bien au-delà de la triste description.
C’est un entretien où il s’exprime plus qu’ailleurs. Les BAC ou « baqueux », « brigades anti-criminalité » , dites, parole de flic, en « état de guerre » quotidien dans les banlieues, sont de vraies brutes, totalement inaptes au maintien de l’ordre, et certains commandants de CRS, certes pas tous, refusent de partager l’action avec eux!
Cet entretien est vraiment précieux.

Stop.
Condroz belge vous livre ici une des ses intuitions: nombre de fonctionnaires de police ou de gendarmerie vivent dans des conditions proches de celles que les gilets jaunes ont détaillées sur les plateaux, ou comptent nombre de leurs proches vivant ce genre de fins de mois. La pente politique spontanée des corps de police, comme celle du citoyen patriotard lambda (le « pétainiste transcendental » de Badiou), en-dehors de toute réflexion ou influence, mène à l’extrême-droite, évidemment. L’extrême-droite est l’expression de la souffrance en milieu occidental politiquement inculte. (Pan!) Mais il y a aussi des policiers démocrates qui n’ont pas encore quitté ce métier dans lequel, avec ceux de l’agriculture, on se suicide le plus. Donc… Vous savez quoi? Certains policiers informent la presse en sous-main. Certains sabotent, aujourd’hui déjà. Et un jour des policiers fraternisent armes au poing avec les manifestants.
Fin de la parenthèse.

L’exception française du maintien de l’ordre, dans un retournement initié vers l’an 2000, relève désormais de la violence contre les foules, au contraire des évolutions en cours en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne ou un peu partout en Europe. Là, un des principes est de montrer sa force pour ne pas l’utiliser, et la conception de la foule se fonde sur des études de la fin du XXe siècle, cent ans après la vision de Gustave Le Bon qui anime encore la doctrine française: « la foule est homogène et obéit à un chef » . Bravo la start-up nation! Ta politique est une politique zéro point zéro, Macron! Face à des manifestants souvent bien plus violents que les gilets jaunes, comme les hooligans ou l’extrême-droite, nombre de polices non hexagonales évitent à peu près totalement de blesser.

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Douce France, de Charles Trenet, chanté par Rachid Taha avec le groupe Carte de séjour:

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