Fin d’année ! La pauvreté ressemble parfois à un complot

 

À lire: cet article de J. K. Galbraith (Harper’s Magazine, 1985), par exemple ici, sur EspacesDialogues.org


Bonjour!

Je fais totalement confiance à Bernadette dans ses combats. Elle est assistante sociale au CPAS de Liège.
Elle représente une espèce rare, celle des idéaux maintenus durant toute une existence contre l’acquiescement… à la banalisation de l’impuissance (vous vous souvenez?), au glacis de la normalisation (vous n’avez jamais succombé?), à l’effacement des difficultés d’autrui (il faut bien s’occuper de sa famille.) Elle se résume sobrement: « Folie ? Sans doute… Mais folie nécessaire. » Je crois qu’elle en a vu et subi assez pour épuiser trois vies, et c’est la première fois que je la vois solliciter une aide financière.

Je transmets donc tel quel son appel ci-dessous, en me contentant de souligner la dernière ligne. Vous déciderez s’il y a de quoi vous indigner. Pour ma part, j’y vois que la pauvreté, qui est une malédiction pour ceux qu’elle atteint, ressemble aussi parfois à un complot mené par d’obtus et obstinés conformistes.

Bientôt Noël. Envoyez une thune!

 

Guy

——– Message original ——–

Sujet: appel à solidarité financière urgente avec une famille
Date: Sat, 24 Nov 2012 04:36:01 +0100
De: bernadette.schaeck AT skynet.be
Bonsoir à tou(te)s,
Certains d’entre vous le savent, d’autres pas, ou à peine. Je vous explique donc, en quelques mots.
Je suis active les dernières années dans la défense des usagers des CPAS. Cela prend différentes formes : mise en place d’un collectif au niveau fédéral (la DAS, association de Défense des Allocataires Sociaux, dont le site n’est pas mis à jour faute de temps et de moyens (http://www.das.babelleir.be); analyse critique des lois et propositions de modifications législatives; actions en vue d’infléchir les pratiques de certains CPAS (exemples : actions devant les CPAS d’Anderlecht et de Schaerbeek), très bientôt j’espère la diffusion d’un cahier de revendications vis-à-vis du CPAS de Liège, et aussi accompagnements individuels.
Les accompagnements individuels vont de la simple information sur les droits, à un accompagnement beaucoup plus important : courrier et démarches diverses envers les CPAS, aide pour introduire un recours devant le Tribunal du Travail ou la Cour du Travail, collaboration avec les avocats pour la préparation de la défense, accords avec des services sociaux pour un suivi vis-à-vis des autres problèmes…
Folie ? Sans doute… Mais folie nécessaire. Parce que les usagers des CPAS sont sans aucune défense (non syndiqués, non organisés). Parce que c’est au travers de défenses individuelles que les pratiques concrètes des CPAS peuvent être mises en lumière.
Bref.
Depuis fin août, j’accompagne Angélique, mère de 4 enfants, à qui le CPAS (de Charleroi, pour ne pas le citer) a retiré le RIS depuis juin, sanctionné pour un an (ça veut dire que même quand elle aurait de nouveau droit au RIS, elle ne percevrait rien pendant un an), décidé de récupérer 4 années de RIS au taux chef de famille (une fortune, pour elle, qu’il faudrait toute une vie ou presque pour la rembourser), et avait refusé jusqu’à récemment un premier loyer et une caution locative (alors que la famille est en danger dans la cité suite à une plainte déposée par la fille ainée pour violences exercées par un voisin). Le CPAS lui refuse également toute aide sociale autre que le RIS, ce qui est illégal.
Enfin, une chose est en train de s’arranger : Angélique a un nouveau logement à Chatelet où elle pourra emménager quand elle aura trouvé les 5 convecteurs nécessaires et pu payer un camion de déménagement (une nouvelle demande d’aide est introduite au CPAS pour couvrir ces frais…)
Tout cela est consécutif à une dénonciation, un PV d’un policier communal, et un rapport de l’auditorat du travail transmis au CPAS (cela va devenir une habitude dans le cadre de la “lutte contre la fraude sociale”). Parole de policier contre parole d’usager = exclusion totale.
J’ai au nom de la DAS, effectué mille et une démarches : courrier aux conseillers, demande d’audition par le Conseil où j’ai accompagné Angélique, contacts avec tous les intervenants sociaux, interpellation des associations sur la place de Charleroi, etc. Le CPAS reste inflexible sauf pour une garantie locative. Un recours est introduit devant le Tribunal du Travail. Dans le meilleur des cas, la procédure durera de 3 à 4 mois.
En attendant, la famille est sans rien. J’ai obtenu récemment une aide unique d’une abbaye (!).
Plus j’interpelle sur la situation de danger dans laquelle la famille se trouve, plus je crains que les services sociaux ne se servent de cela pour placer les enfants (Angélique a eu une visite surprise du SAJ, autrement dit un contrôle non annoncé). Heureusement, l’aide récente de l’abbaye lui avait permis de remplir les frigos, qui ont bien évidemment été inspectés, et lui avait permis de payer le gaz et l’électricité ! Sans quoi…
Aussi longtemps qu’elle n’a pas emménagé sur la nouvelle commune, elle ne peut introduire une demande de revenu d’intégration. Quand elle le pourra, cela prendra au mieux un mois avant qu’elle perçoive une première mensualité.
Ne sachant plus que faire, j’ai lancé la semaine dernière un appel restreint à la solidarité financière avec Angélique. A titre tout-à-fait exceptionnel parce que ce n’est pas notre rôle. Et vu que les choses n’ont pas bougé depuis lors, j’élargis l’appel…  Notre solidarité financière lui permettra de continuer à défendre ses droits.
Merci d’avance pour elle.
Compte BE32 000-3258038-02 ( BIC : BPOTBEB1 ) de DAS Défenses des allocataires sociaux, Bruxelles, communication : Angélique.
bernadette

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1 réponse à Fin d’année ! La pauvreté ressemble parfois à un complot

  1. RED dit :

    Il me reste 30€ de pouvoir d’ achat pour ce mois.
    J’ en donne 10.
    _ Une adresse utile de juristes compétents qui font sérieusement leur travail auquel cas on a affaire à un CPAS ou une mutuelle /
    Atelier des droits sociaux
    – mardi de 9h à 12 h et de 13h à 16 h.
    – mercredi matin
    Demander Madame Colette Durieu ; les questions peuvent être posées par téléphone, la réponse peut être reçue par e-mail.
    Tél / 02 5127157 / 02 5120290

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