François Sarano : « La loi de la jungle est la loi de la paresse »

 

Bonjour!

Pendant des années, j’étais accablé par la liste infinie des raisons de désespérer de l’humanité. Puis, j’ai pris conscience que la liste des raisons d’espérer était tout aussi énorme, frappé notamment par la myriade d’actes héroïques posés au quotidien par des amis inconnus et anonymes.
Aujourd’hui, je viens de regarder les 48 minutes de cet entretien de reporterre.net avec François Sarano, docteur en océanographie devenu chercheur plongeur ou plongeur chercheur, intitulé « François Sarano : ‘La loi de la jungle est la loi de la paresse’. » Un régal d’humanisme et de confiance en l’avenir, malgré le désastre en cours.
François Sarano est aussi co-scénariste du film Océans de 2009.

PS: rappelons que Reporterre.net est un journal en ligne consacré aux questions environnementales et donc sociétales, sans actionnaires ni publicité, vivant uniquement de dons. Comme dans les vrais restaurants, on peut consommer d’abord et payer, verser une obole, après, à la différence de la restauration rapide, où l’on paie d’abord.

Le boudin blanc de Liège en route vers le label IGP

Lauréat 2015 du meilleur boudin blanc de Liège de l'année 2015 (<a href="https://www.lavenir.net/cnt/dmf20150119_00588373" target="_blank" rel="noopener"><em>lavenir.net</em></a>)
Lauréat 2015 du meilleur boudin blanc de Liège de l’année 2015 (lavenir.net)

Bonjour!

Nous lisons dans lecho.be, journal belge des amis de la Bourse:

Cela faisait deux ans que les charcutiers liégeois l’attendaient: la demande d’enregistrement du boudin blanc de Liège comme IGP a été transmise à l’Europe.

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Georgine Kellermann, journaliste transgenre de la télé allemande: « Finie la comédie, je suis libre »

 

Bonjour!

Cet entretien publié par El Pais et traduit par Le Soir, vaut la peine d’être lu!  (Ici en PDF.)

Un journaliste allemand de la WDR, chef de service à Essen, connu et réputé, se déclare être une femme, à l’âge de 61 ans. Elle a fait son coming out, depuis longtemps ruminé et envisagé pour son départ à la retraite, avec quatre ans d’avance, sur une impulsion en partant en vacances. Et tout se passe bien, les collègues, sa hiérarchie, et le public, montrent beaucoup d’empathie et expriment beaucoup de soutien, les craintes de Georgine ne se confirment pas. L’entretien est sobre, et assez émouvant.

…La « transidentité » est un mystère auquel on est bien obligé de souscrire.
Le mystère de la naissance, répète avec force et constance Jean Ziegler, est bien plus grand que celui de la mort, alors que ces « mystères » sont des données simplement fondamentales de l’existence humaine.
La transidentité, récemment encore si peu reconnue, appartient à ces mêmes fondamentaux.

CoronaViral, 31Gloubi-boulga, mot de l’année 2020

"Absurdistan autoritaire", a titré le quotidien allemand <i>Die Zeit</i> à propos de la gestion française de la covid-19
« Absurdistan autoritaire », a titré le quotidien allemand Die Zeit à propos de la gestion française de la covid-19

 

Bonjour!

Condroz belge a pleinement découvert un nouveau mot en 2020.
Depuis qu’il est petit, le taulier de Condroz belge adore les mots et les nouveaux mots, et à toutes périodes de sa vie il a fréquenté et fréquente les dictionnaires, ce qui ne semble pas devoir changer avec l’arthrose des pouces et autres cadeaux de son âge qui avance, avance, avance. Seuls les distraits pensent que le dictionnaire est une aide pour les adolescents, et qu’une fois adulte, formé et déformé, le citoyen normalement négligeant, pardon, intelligent, cesse de parcourir des dictionnaires. Car les distraits ignorent que les plus grands écrivains et linguistes comme les baratineurs de tous poil et plume ne peuvent vivre sans les dicos.

Parenthèse. Comme en toutes choses, le mérite n’a rien à y faire. Dans le cas de notre taulier, il y avait dans sa prime enfance un domaine et un seul, où son père ignorait la fatigue et répondait toujours présent, celui des questions inévitables de l’enfant, « Papa, ça veut dire quoi … ? » Que fait en cette circonstances un fils manqué face à son père manquant? Lire la suite

CoronaViral, 30 – 2021. Les vœux de santé de Yasmina Kettal, infirmière en Seine-Saint-Denis

Comment concilier la recherche du bonheur et la lucidité, le refus de l’injustice? Voici les vérités bien assénées de Yasmina Kettal, infirmière française en Seine-Saint-Denis, présidente 2021 d’un jour chez Mediapart.

« Relever la tête » !

Par la rédaction de Mediapart   :

Chaque nouvel an, Mediapart propose à un·e citoyen·ne d’être notre président·e de la République d’un soir, afin de rappeler que celle-ci nous appartient à toutes et tous. Pour 2021, à l’issue d’une année marquée par la pandémie, nous avons demandé à Yasmina Kettal, infirmière en Seine-Saint-Denis, de porter la voix des soignants et des premiers de corvée.

 

Démasqué: Michel Onfray à popos de Greta Thunberg

Bonjour!

Michel Onfray se dit philosophe mais ne crée pas de concepts. Il est un lecteur de philosophie, parfois un vulgarisateur correct, il développe une vision personnelle et revendicative d’épicurisme libertaire au service de son ego. Boulimique de lecture et d’écriture, il a publié parmi une centaine de livres: L’Art de jouir, La Sculpture de soi, La Raison gourmande, Théorie du corps amoureux, L’Invention du plaisir, La Puissance d’exister, Le Souci des plaisirs : Construction d’une érotique solaire, … Une carte de visite où il se présente sobrement comme on le constate, et grand bien lui fasse. Vous avez déjà remarqué comment à la télé, quand il se veut un air sérieux, il a juste l’air méchant? Comme Manuel Valls quand il veut se montrer déterminé.

En juillet 2019, Onfray a commis un texte nauséabond contre Greta Thunberg, intitulé « Greta la science » (ici sur son blog, en PDF). Lire la suite

CoronaViral, 29 – François Gemenne voit dans les politiques anti-covid se dessiner la tyrannie du risque zéro

afitac.com

 

Bonjour!

François Gemenne a cosigné avec Olivier Servais, anthropologue à l’UCLouvain, une tribune intitulée « Crise de la Covid-19: la tyrannie du risque zéro », publiée par lesoir.be le 15 août 2020, dans une série mise en ligne gratuitement par le journal, mais que je donne néanmoins ici en PDF.
Cette tribune centrée sur le risque zéro laboure et prend pour titre un poncif d’ordinaire réservé aux gouvernants pour excuser les limites de leurs actions, placé le plus généralement sous la forme du truisme « Il n’y a pas de risque zéro », très répandu aussi dans le monde des affaires. C’est vraiment une formulation de communicants!, et il n’y a pas jusque là de quoi casser trois pattes à un canard.
Notre époque est envahie par la statistique. Les événements prévisibles ne sont plus certains: ils sont probables à 99,… %. Ainsi parle désormais la science, comme le GIEC n’a cessé de le faire en toutes rigueur et honnêteté, trop longtemps sans doute, jusqu’à ce que l’effroi dans ses rangs ait fait sortir les scientifiques de leur réserve probabiliste.
Grande nouvelle donc, « Il n’y a pas de risque zéro » : une phrase en principe plus taillée sur mesure pour Maggie De Block ou les bateleurs de la politique spectacle que pour des universitaires es qualités. Mais allez savoir. Lire la suite

CoronaViral, 28 – La Belgique a foiré !

https://bx1.be/dossiers/coronavirus/deces-suite-au-coronavirus-en-region-bruxelloise-un-epidemiologiste-conteste-les-chiffres/

 

 

Bonjour!

Ceci est un billet rapide, où toute la coloration lyrique, titre compris, et les erreurs éventuelles, sont de Condroz belge.

Voici un entretien au Vif, et un à la Rtbf, de Philippe Laurent, médecin épidémiologiste, fondateur de MSF-Belgique et son premier directeur, directeur ensuite de la Croix Rouge Belgique, journaliste médical.

La Belgique a foiré ! « Désinvolture », méconnaissance du terrain, chiffres favorables et « rassuristes », par exemple cette fameuse moyenne sur 7 jours, alors que le propre de la réponse à cette maladie c’est d’anticiper, exclusive des experts académiques et non de terrain (ou dirais-je, de la médecine de catastrophe, de la médecine humanitaire). Le dépistage et le traçage sont complètement dépassés et inopérants aujourd’hui, à Bruxelles qui vient de distancer de loin Madrid dans les difficultés, et en Wallonie. Nous verrons si la Flandre suivra ou pas. Lire la suite

La cohérence et les tartuferies d’Emmanuel Macron selon Romaric Godin

La Guerre sociale en France – Aux sources économiques de la démocratie autoritaire (éd. La Découverte, 245 pages, 18 euros) est le dernier livre de Romaric Godin, journaliste actuellement chez Mediapart, lequel y consacre un large article (ici en PDF).

Romaric Godin étudie un peu finement la position de Macron, avec sa cohérence et sa « tartuferie », qui repose essentiellement sur des axiomes assumés comme non critiquables. C’est donc par la critique des axiomes, comme pour un paranoïaque et comme pour la « science » économique universitaire dite néo-classique, qu’on peut échapper à sa logique. Par exemple, le mantra macronien « progressisme » consiste à favoriser la possibilité de chacun …de se vendre au mieux sur le marché du travail.
Entre parenthèses, Macron a été co-rédacteur du rapport Attali, ce faiseur de rois campant complètement sur une même ligne du « tout ou rien ».

Macron se dit progressiste.
Quel est donc le progressisme de ce « réformateur » qui a donné le titre « Révolution » à son livre d’entrée en politique?
Voici ce qu’en dit Romaric :

Le progressisme se veut social parce qu’il entend donner à ceux qui ne les ont pas les moyens de venir sur le marché du travail, là où le capitalisme manchestérien ne se souciait pas de la capacité des hommes à se vendre. Il les prenait comme ils étaient, pour ce qu’ils étaient. Ici, le « progressisme » ne cesse de parler d’humain, parce qu’il entend donner à chacun cette capacité à se vendre. Il y a cette idée que l’on peut en permanence améliorer sa compétitivité individuelle et mieux réussir sur le marché. Le libéralisme d’antan laissait l’individu se débrouiller avec ce qu’il avait, le néolibéralisme veut améliorer la capacité marchande de chacun. La compétition n’en est pas moins féroce, et le résultat pas forcément différent.
Cette action se fait, d’abord, par une logique de workfare : l’État doit assurer à chacun des revenus minimum permettant de se présenter sur le marché du travail. Mais il ne peut le faire que si ces revenus sont effectivement utilisés pour aller sur le marché du travail. Autrement, il s’agirait d’une rente. Le soutien contre la pauvreté n’est donc pas un humanisme, c’est un soutien au marché qui est conditionné à la participation de l’individu a ce dernier. Deuxième moyen, la formation et l’éducation, qui doivent assurer la capacité marchande permanente de l’individu sur le marché du travail et permettre une adaptation de l’individu aux demandes du marché. Dernier moyen, la lutte contre les discriminations, qui n’est cependant pas une spécificité de ce « progressisme ». Là encore, il ne s’agit pas d’un quelconque humanisme mais d’une logique de marché : toute discrimination est une rente parce qu’elle favorise un acteur de marché plutôt qu’un autre sur des critères non économiques. Mais c’est souvent une tartuferie car les discriminations, raciales et sexuelles, s’enracinent aussi dans des déterminations économiques. L’illégalité formelle de la discrimination ne dit rien des différences sociales qui, souvent, aggravent les discriminations existantes. Si les personnes d’origine étrangère sont moins bien formées en raison des capacités économiques de départ de leur famille, elles seront toujours proportionnellement moins nombreuses à réussir. Surtout si les protections sociales sont affaiblies et renforcent encore les inégalités sociales de départ. Mais, comme la réussite n’est qu’individuelle, ces circonstances sont largement niées. La lutte contre les discriminations est donc un paravent de la libéralisation. On constate, du reste, que ce « progressisme » n’est largement que de façade, la politique migratoire d’Emmanuel Macron étant très peu ouverte et centrée sur les besoins du marché.
(…)
À noter : le progressisme ne discute pas, ou à la marge, le résultat de la loi du marché, puisqu’il estime que la redistribution est trop forte. Toutes les inégalités issues de la justice du marché sont acceptables. Le travail, produit du marché, est un « vecteur de mobilité sociale et d’émancipation » et ceux qui veulent vivre mieux doivent donc mieux répondre aux demandes du marché. C’est là une responsabilité individuelle. Grâce au marché, le progressisme remplace la redistribution par des droits.