Néolibéralisme: il est minuit à toute heure dans mon empire

MinuitSurUE

 

Bonjour!

 

En cette période où l’actualité donne du relief à ce qui nous vient du Royaume Qui Se Dit Encore Uni, voici un article qui offre une bonne synthèse de son sujet.
« Une idéologie à la source de nos problèmes : le néolibéralisme » est signé George Monbiot dans le quotidien The Guardian. Nous le trouvons aussi en français, traduit par Monique Plaza, sur l’excellent blog de Coralie Delaume, et ici en PDF sur Condroz belge.

Extraits:

Imaginez que  le peuple  de l’Union soviétique n’ait jamais entendu parler du communisme. Et bien pour la plupart d’entre nous, l’idéologie qui domine nos vies n’a pas de nom.

Il peut sembler étrange qu’une doctrine glorifiant le choix individuel et la liberté ait été promue avec le slogan « il n’y a pas d’alternative ». Mais, comme Hayek l’a fait remarquer lors d’une visite au Chili de Pinochet – l’une des premières nations où le programme néolibéral a été complètement appliqué – « ma préférence personnelle penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dénué de libéralisme »

Le néolibéralisme n’a pas été conçu comme un self-service à visée d’extorsion, mais il en est rapidement devenu un.

…la quantification universelle et la comparaison. Le résultat est que les travailleurs, les demandeurs d’emploi et les services publics de toute nature sont soumis à un ergotage procédurier, étouffant le régime d’évaluation et de surveillance, afin d’identifier les « gagnants » et de punir les « perdants ». La doctrine que Von Mises avait proposée pour nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification en a plutôt fabriqué un.

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Royaume-Uni: Salauds de pauvres !

 

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Fois quinze, en quatre ans!
Le graphique ci-dessus, riche promesse d’avenir, nous est donné dans un article du Monde du 7 avril, intitulé « Malgré la reprise économique, le Royaume-Uni touché par la faim ».

On se demande bien ce que reprise économique veut dire quand on voit ces chiffres! La langue journalistique ou économique est un mystère.

Pour faire bref, voici trois sous-titres de ce texte: « Sans revenus du jour au lendemain », Au moins 2 millions de Britanniques mal nourris, et Une politique « punitive » dirigée  « contre les pauvres », sous lequel nous lisons:

l’invraisemblable augmentation de la pauvreté Outre-Manche depuis quelques mois trouve aussi ses origines dans le « Welfare Reform Act 2012 », la réforme d’ampleur de la protection sociale initiée par le gouvernement conservateur de David Cameron. Le journaliste et économiste Stewart Lansley, coauteur d’un essai intitulé Breadline Britain: the Rise of Mass Poverty (« La Grande-Bretagne sous le seuil de pauvreté : la montée de la pauvreté de masse ») évoque une politique « punitive » dirigée « contre les pauvres, et non contre la pauvreté »

David Cameron? Ah oui, ce jeune homme de bonne famille! Le pote de notre premier ministre, lui aussi fils de!
Ils sont en avance sur nous, les Britanniques, et ils en ont fait du chemin, depuis Margaret Thatcher. Lire la suite

Flash Info – Où est la violence au Royaume Uni?

Manchester – Photo AFP/Andrew Yates,  Le Monde

Qui sont les « émeutiers », « casseurs », « criminels », « opportunistes », au Royaume Uni?
Beaucoup de jeunes et très jeunes, qui « mettent en péril leur propre avenir » , dit le premier ministre british rentré de sa résidence d’été.

Vu leur âge, la plupart sont en vacances. Pourquoi diable sont-ils si tôt rentrés, eux? Le premier ministre, on comprend, mais eux? Ils sont scolarisés, pour la plupart, non? Qu’est-ce qu’ils fichent en rue pendant les congés? L’enseignement britannique est performant, il fut un des premiers à offrir la gratuité au début du XXème siècle. L’avenir leur appartient, comme à tout jeune, surtout dans une nation riche. Ils ont la chance de vivre dans le pays qui a inventé la sécurité sociale, où circule une police débonnaire de légende. La société de la connaissance leur offre des défis enivrants. Ils sont nés à la période la plus excitante de l’histoire, celle d’Internet, Blackberry, iPhone et Lady Gaga. La publicité des meilleures agences du monde se répand sur les écrans de leurs ordinateurs, télévisions et téléphones portables, et revêt de couleurs chatoyantes leur environnement urbain. Leur pays est une citadelle du monde libre, et la première place financière off-shore du monde. Leur armée est la deuxième en importance à faire respecter le droit en Irak et en Afghanistan, et le mariage de leur prince héritier a été un modèle applaudi par toute la planète.

Dans ces conditions, c’est à n’y rien comprendre! La Libre Belgique, Le Soir, Le Monde, Libération… n’arrivent pas à m’expliquer par quel accès de folie une jeunesse de pays favorisé peut de la sorte détruire son propre avenir. Les lemmings, je savais, mais les Britanniques?

Par désespoir, j’ai cherché sur Internet.

Il y a ce portail français http://rezo.net, qui relaie des infos de toutes sortes d’origines. J’y ai trouvé The Tottenham Outrage – Quelle violence à Tottenham ?, publié sur un site inconnu qui semble avoir beaucoup de choses à dire: http://melanine.org .

Et bon sang, qu’est-ce que je lis:

Il est de notoriété publique que la Metropolitan Police exerce en toute impunité et qu’aucun de ses agents n’est jamais condamné même en cas de faute.
Depuis 1988, selon le Guardian, 333 personnes sont mortes en garde à vue sans qu’aucun policier ne soit jamais condamné.

(…)

Ah, 333… En 23 ans… Mais…

De un. Comment, « de notoriété publique » ?

De deux. Et alors? C’est une raison de s’énerver, ça ?