Royaume-Uni: Salauds de pauvres !

 

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Fois quinze, en quatre ans!
Le graphique ci-dessus, riche promesse d’avenir, nous est donné dans un article du Monde du 7 avril, intitulé « Malgré la reprise économique, le Royaume-Uni touché par la faim ».

On se demande bien ce que reprise économique veut dire quand on voit ces chiffres! La langue journalistique ou économique est un mystère.

Pour faire bref, voici trois sous-titres de ce texte: « Sans revenus du jour au lendemain », Au moins 2 millions de Britanniques mal nourris, et Une politique « punitive » dirigée  « contre les pauvres », sous lequel nous lisons:

l’invraisemblable augmentation de la pauvreté Outre-Manche depuis quelques mois trouve aussi ses origines dans le « Welfare Reform Act 2012 », la réforme d’ampleur de la protection sociale initiée par le gouvernement conservateur de David Cameron. Le journaliste et économiste Stewart Lansley, coauteur d’un essai intitulé Breadline Britain: the Rise of Mass Poverty (« La Grande-Bretagne sous le seuil de pauvreté : la montée de la pauvreté de masse ») évoque une politique « punitive » dirigée « contre les pauvres, et non contre la pauvreté »

David Cameron? Ah oui, ce jeune homme de bonne famille! Le pote de notre premier ministre, lui aussi fils de!
Ils sont en avance sur nous, les Britanniques, et ils en ont fait du chemin, depuis Margaret Thatcher.

Par exemple, il est légal au pays de sa gracieuse majesté d’engager des adultes au taux minimum horaire de 7,30 euros. N’est-ce pas merveilleux. Et en outre dans les conditions du « zero-hours contract »: l’employeur décide jour par jour ou, le plus souvent paraît-il, à la semaine, du nombre d’heures qui seront prestées, et n’est astreint à aucune obligation de durée minimale. Le travailleur, lui, doit se tenir disponible à tout moment, ne pouvant prendre d’autre emploi, alors que certaines semaines voire certains mois il ne travaillera quasiment pas. Une ONG évalue à un million le nombre de ces contrats, qui représentent 90 pc de l’emploi chez McDonald’s – ajoutant encore, si c’était possible, à la légende dorée de ce bateau-amiral de l’esprit d’entreprise.

On comprend ici ce que parler veut dire.
Le travailleur a des droits, mais aussi des devoirs: c’est l’équité même.
L’employeur est un créateur de richesses.
Le marché libre, synonyme de liberté tout court, n’existe qu’encadré par des lois bien inspirées.
Ainsi resplendit pour le bien de tous la concurrence libre et non faussée, vérité de notre monde.
Si Jean-Sébastien Bach vivait de nos jours, la Commission lui commanderait la cantate Business über alles et la BCE, There is no alternative.
Principe étincelant au firmament de la législation du travail, la flexibilité du travail dévoile l’ardente contribution au bonheur national de cette loi naturelle: l’emploi, variable d’ajustement.
Réfléchissons bien: le salaire est un don du ciel pour le salarié.

En un mot comme en cent, l’éblouissante législation sociale britannique est tranchante comme le diamant.
Sur le continent, nos dirigeants s’appliquent avec des fortunes diverses, mais ne sont pas en reste et ne désespèrent pas de surprendre.

Le tableau enfin éclairé, courons voyager en Grande-Bretagne !

Amen.

 

*

(Note: Salauds de pauvres ! est une repartie dans le film de Claude Autant-Lara, La traversée de Paris.)

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