On peut lire dans la presse: Gilets jaunes : Emmanuel Macron souhaite « prompt rétablissement » et « sagesse » à la blessée de Nice.
C’est plus fort que lui. Macron donne des leçons et remonte les bretelles, même aux blessés ou aux malheureux. Quelque part sur Youtube on le voit entendre une petite dame âgée et très respectueuse, finir par lui avouer sa pension: 500 euros. Macron a un silence d’une demi-seconde. Ses neurones tournent à toute vitesse et il produit: « Ah, vous n’avez pas cotisé chaque année. » Voilà comment sa conscience s’arrange de la réalité. Rien à signaler, cette brave dame n’a pas cotisé chaque année.
Ici, la blessée (gravement) de Nice de samedi passé, 74 ans, n’aurait pas dû participer à une manifestation interdite. Quelles qu’en aient pu être les conséquences, elle n’aurait pas dû être là, et il aurait donc suffi qu’elle se fût abstenue pour ne pas avoir eu à les subir: fin de la réflexion. C’est simple!
Si j’étais oligarque français, je commencerais à penser au remplacement de Macron. C’est déjà fait, très probablement. (François Ruffin a eu la même idée que moi et quelques milliers d’autres, et il a même livré un nom.)
L’idéologie néo-libérale nous dit que si tu es pauvre, c’est de ta faute, et que si tu es riche, c’est ton mérite. Groupes ou classes sociales, connaît pas.
Margaret Thatcher, lectrice assidue et éperdue de Friedrich Hayek ce fasciste en col blanc selon les mots de Paul Jorion, le disait avec son sens politique très sûr: « La société, je ne connais pas. Je ne connais que les individus. » C’est aux antipodes de toute leçon anthropologique, sociologique, politique, historique.
Mais le pouvoir, c’est dominer. Peu importe le vrai, au contraire le mensonge est vital pour les pouvoirs.
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PS 4 (29 mars): une affaire dans l’affaire: Macron et le procureur (!) ont affirmé que les policiers n’avaient pas touché Geneviève Legay, mais des éléments niant cette communication commencent à apparaître. Ici une article de Mediapart, « Manifestante blessée à Nice: la version de Macron et du procureur contredites par des policiers.«
PS 3: Arrêtsurimages.net: Samedi 23 mars, les spectateurs de CNEWS ont assisté en direct à la charge policière ayant entrainé de multiples fractures à Geneviève Legay, porte-parole septuagénaire niçoise de l’association ATTAC. « Cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre » selon Emmanuel Macron. Les images diffusées par CNEWS permettent de remettre en cause ses affirmations. Malgré tout, la séquence n’a pas été exploitée par la chaîne.
PS 2: Susan George réagit sur Twitter (reprise du commentaire de Patatras pour permettre le visionnage de la vidéo).
✊ « Nous avons plus de 70 ans et nous ne voulons plus avoir peur de manifester sous la présidence d’@EmmanuelMacron ! »
Susan George, présidente d’honneur d’Attac France.#GenevieveLegay pic.twitter.com/CgofqJQTRK
— Attac France (@attac_fr) 26 mars 2019
PS 1: Commentaire d’Edwy Plenel sur Twitter:
Cette photo @Reuters dit la situation créée par l’entêtement autoritaire du pouvoir : une manifestante pacifique grièvement blessée par une charge de police qui l’enjambe ensuite sans lui porter secours. Il s’agit de Geneviève Legay, 74 ans, porte-parole d’@attac_fr 06. #ActesXIX pic.twitter.com/5XsBfjeKKK
— Edwy Plenel (@edwyplenel) 24 mars 2019
Je souscris. Après que Castaner eut affirmé qu’au grand jamais cette dame n’avait été touchée par un policier, un policier qui, donc, n’existe pas est venu s’excuser auprès de la dame en disant qu’il avait reçu des ordres. Comme si c’était une excuse. Aucune importance puisque ce policier n’existe pas.
En fait, la réponse de Macron pour les 500 euros de la pension peut fort bien être fausse et ne rien avoir à voir avec une cotisation !
En effet, si la personne était femme au foyer, elle n’a jamais cotisé et les 500 euros peuvent être la pension de réversion de son défunt mari.
De plus, lorsqu’elle était jeune, la politique officielle encourageait les femmes à rester au foyer afin de s’occuper des enfants et du mari, ainsi que de parents âgés. Elle est donc pénalisée rétroactivement pour avoir suivi les consignes et l’ambiance…
Autre dimension, comme dans les années 50 la « carrière » des femmes était de devenir femmes au foyer, il était normal que la famille et elles-mêmes eussent moins investi dans leur éducation.
La réaction de Susan George sur Twitter.