Le boudin blanc de Liège en route vers le label IGP

Lauréat 2015 du meilleur boudin blanc de Liège de l'année 2015 (<a href="https://www.lavenir.net/cnt/dmf20150119_00588373" target="_blank" rel="noopener"><em>lavenir.net</em></a>)

Lauréat 2015 du meilleur boudin blanc de Liège de l’année 2015 (lavenir.net)

Bonjour!

Nous lisons dans lecho.be, journal belge des amis de la Bourse:

Cela faisait deux ans que les charcutiers liégeois l’attendaient: la demande d’enregistrement du boudin blanc de Liège comme IGP a été transmise à l’Europe.

Bonne nouvelle pour les charcutiers de la province de Liège: le dossier visant l’obtention du label Indication géographique protégée (IGP) pour le boudin blanc de Liège vient d’être envoyé à l’Europe par la Région wallonne. C’est une étape importante de franchie dans son cursus.

Le label européen IGP permet de protéger des produits alimentaires de terroir: il garantit que ceux visés sont produits, transformés ou préparés dans une zone géographique délimitée, et que leur qualité est attribuable à cette région. Il est moins contraignant que le label Appellation d’origine protégée (AOP), qui va jusqu’à vérifier que la production est effectuée dans la zone, mais il offre néanmoins un niveau de protection appréciable.

Les artisans bouchers et charcutiers artisanaux liégeois y tiennent car actuellement, leur boudin blanc cohabite, sur les étals des magasins, avec d’autres boudins, dits blancs et dits liégeois, qui sont produits industriellement, et souvent avec des boyaux… importés de Chine.

Conformément à sa marque de fabrique non labélisée, et sans se prononcer sur les dérives et excès de l’alimentation carnée, Condroz Belge ne résiste pas à formuler son commentaire bienveillant et persiflant (mais pour qui) :
Le boudin blanc à Liège est un excellent produit, élaboré comme beaucoup de grandes recettes par quelques siècles de cuisine régionale. Contrairement à la France et à d’autres régions, le boudin blanc à Liège se vend toute l’année, et pas seulement à Noël. Il donne lieu à une jouxte récurrente décernant le titre de meilleur boudin blanc de Liège de l’année. Ce boudin se mange froid et cru, tel qu’acheté, et les petits enfants raffolent de la tranche que ne manquent pas de leur offrir les bouchers indépendants à chaque visite.
Cela dit, le label IGP, contrairement au label AOP, n’impose pas que tous les ingrédients soient produits dans la région. Sous IGP, seule la fabrication doit être réalisée dans la zone géographique précisée.
Les ambitieux du lobby du boudin blanc de Liège pourront donc eux aussi acheter des boyaux chinois et du porc de n’importe où, tout en étant réglementairement les seuls vrais boudiniers liégeois. Et la marjolaine (ici des coteaux de Vottem, un des lieux de maraîchage de la ville, où siègent aussi la caserne de gendarmerie et son voisin le centre fermé pour demandeurs d’asile), qui est un des secrets bien connus du produit, la marjolaine aussi pourra provenir d’un pays à salaires écrasés et à travail d’enfants.
Le label IGP est le cache-sexe d’une arme de destruction massive des circuits courts. Il est fait sur mesure pour l’enrichissement des élites économiques locales, ce poison universel.

 

Guy

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