
Bonjour!
Condroz belge a déjà cité de loin Philippe Descola, et voici enfin un contenu pour ce blog, précis et bref mais qui n’en demandera pas moins de l’attention. Il paraît utile de commencer par cette synthèse pour y être préparés lors du visionnage de l’émission de Laura Raïm dans la série Les idées larges que nous propose Arte.
Parmi ces quatre ontologies possibles selon l’anthropologue, nous (les sociétés techniques actuelles) sommes des naturalistes, car nous posons à la fois :
– une discontinuité humains-non humains quant à l’intériorité (nous nous considérons comme les seuls à disposer d’une intériorité, que nous nommons conscience, âme, esprit, …)
– et une discontinuité humains-non humains quant à la physicalité (selon laquelle nous ne sommes pas des entités physiques ni des animaux comme les autres, nous occupons une place à part dans l’ordre physique des choses et des êtres).
(« La nature » désigne ainsi pour nous, tout ce qui n’est pas humain, envers quoi nous nourrissons un sentiment d’extériorité. Si Descartes ici cité nous a dits « maîtres et possesseurs » de la nature, Léon Trotsky écrivait en 1923, dans son essai Art révolutionnaire et art socialiste : « L’homme socialiste maîtrisera la nature entière, y compris ses faisans et ses esturgeons, au moyen de la machine. Il désignera les lieux où les montagnes doivent être abattues, changera le cours des rivières et emprisonnera les océans ».1)
Notons bien que les parenthèses ci-dessus expriment ma compréhension, et ne sont pas de Descola.
Notons aussi pour les intéressés, que la monnaie comme équivalent universel, y compris du travail et de la terre, est commenté dans la vidéo:
https://www.arte.tv/fr/videos/108567-003-A/qui-a-invente-la-nature/
Qui a inventé la nature ?
Les idées larges, avec Philippe Descola
27 min
Disponible jusqu’au 01/03/2028Depuis quelque temps, dans les articles et les livres que l’on peut lire sur l’écologie, on ne parle plus de la “nature” mais du “vivant”.
On doit en partie ce changement de vocabulaire aux travaux du grand anthropologue Philippe Descola. Médaille d’or du CNRS et professeur au Collège de France, il est spécialiste des rapports entre les humains et les non-humains.
Dans son livre, Par-delà nature et culture, il a montré que “la nature” en tant que monde séparé des êtres humains, n’existe pas, du moins pas pour tout le monde. Alors que l’opposition entre la nature et la culture était fondamentale pour l’anthropologie depuis les travaux de Claude-Lévi Strauss, Philippe Descola va découvrir, lors de ses années passées chez les Jivaros Achuar d’Amazonie, que cette distinction n’a aucun sens pour eux. Pourquoi le mot “nature” pose-t-il problème ? Comment cette notion a-t-elle émergée ? Qui a inventé la “nature” ?
Avec aussi Charlotte Brives, anthropologue des sciences.
Re-commentaire personnel:
« La nature » n’existe pas, sauf pour ceux qui veulent s’en abstraire.
« Sauver la nature » et « sauver la planète » sont des propositions absurdes. Le monde physique et la planète se perpétuent très bien à toute température globale, à toute pollution, à toute inhabitabilité humaine ou autre, à toute disparition de l’humanité.
- Daniel Tanuro, https://europe-solidaire.org/spip.php?article18418[↩]

