« Merkel est bête »

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L’aveu involontaire des gouvernants ouiouistes, comme il se dit en France, devant le parlement à Vienne: « Notre Europe, Votre choix » (Photo Leonhard Foeger/ Reuters)

Mon titre est entre guillemets. C’est un des trois slogans de campagne d’un parti allemand candidat à l’élection au parlement neuropénien. Son deuxième slogan: « Non à l’Europe, oui à l’Europe. » Vous trouverez le troisième en fin d’article.

Pour y croire à son logiciel, la Merkel, elle y croit. Avec un peu de mauvaise foi, parce que sans doute elle le sait, ou le sent, qu’elle est crispée sur un credo incertain.
Elle n’est pas la seule en son pays, mais vu sa position, il faut bien qu’elle assume de représenter ce qu’elle prétend représenter. Frédéric Lordon explique très bien comment « l’Allemagne » se raconte des histoires sur son histoire.  La peur allemande sacrée de l’inflation, érigée en absolu de l’ugnion neuropénienne, n’est pas fondée. Ce n’est pas l’hyper-inflation de 1923 qui a mis Hitler au pouvoir, c’est la politique d’austérité qui a suivi la crise de 1929 – et bien sûr, plus avant, le traité de Versailles.
L’avenir proche d’Angela Merkel est de ne plus y croire à son logiciel tueur, et soit de se repentir (probabilité x assez petite autour de 1%) soit de devenir consciemment menteuse (probabilité: le reste) avec quelques consolations du genre « c’est triste et malheureux, mais personne n’y peut rien, malheureusement TINA » – le there is no alternative de Margaret Thatcher, qui, elle, le proférait sans aucune tristesse mais comme une arme de guerre.

Or il y a a eu une réforme de la loi électorale allemande pour les élections européennes: l’instauration d’une stricte proportionnelle. L’Allemagne avait été un des premiers pays européens à refuser la représentation des partis qui n’atteindraient pas 5 % des votes, pour éviter la présence au Bundesrat du petit reliquat nazi NPD. La démocratie électoraliste n’a jamais cessé d’être une affaire d’opportunité.

Aujourd’hui, vu la taille du pays, 1 % des votes allemands suffisent à élire un député européen. Et du coup, voici un député qui n’est pas dépité, et ma très grande intuition me dit qu’il n’y pas que de l’humour dans son intervention:

(…)
Autre gagnant de la réforme du système électoral allemand, le parti satirique Die PARTEI.
Il aura suffi de 184.525 voix, soit 0,6% des suffrages exprimés, pour permettre à l’humoriste Martin Sonneborn, 49 ans, de faire son entrée au Parlement. Ancien rédacteur en chef du journal satirique Titanic et intervenant du «Heute Show», une émission populaire de la chaîne publique allemande ZDF, il a fondé Die PARTEI il y a dix ans – l’acronyme signifie «Parti pour le travail, l’État de droit, la protection des animaux et l’initiative populaire».
Die PARTEI a fait campagne pour les européennes autour de trois slogans simples: «Merkel est bête», «Merkel est grosse» et «Non à l’Europe, Oui à l’Europe».
Martin Sonneborn ne compte toutefois pas s’éterniser dans les couloirs de Bruxelles ou de Strasbourg. Il a promis de passer les quatre premières semaines de son mandat à « préparer intensivement sa démisssion » en faveur d’un autre candidat de DiePARTEI. «Nous allons essayer de démissionner tous les mois, pour infiltrer 60 de nos adhérents (à raison de un par mois pendant les cinq ans du mandat) dans le Parlement européen».
http://www.liberation.fr/monde/2014/05/26/europeennes-neonazis-indignes-et-feministes-entrent-au-parlement_1027321
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Haut les coeurs !

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