Il y a encore une conscience syndicale – La MWB, fédération des Métallurgistes Wallonie-Bruxelles

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Manifestation européenne de métallurgistes à Strasbourg – Photos Christian Lutz-Sorg, dna.fr

 

Bonjour!

 

Il n’y a que des bonnes nouvelles dans ce billet.

Les métallos ont toujours été remuants et plutôt à gauche, y compris lorsque l’expression « de gauche » n’existait pas. Et les policiers et gendarmes  ont toujours eu peur des manifs de métallos.
Il faut dire que la gendarmerie le mérite bien! Car elle existait déjà avant le pays lui-même, et elle a tué dans l’histoire plus d’ouvriers que de malfrats.

Or malgré une certaine déglingue du secteur, il y a encore des ouvriers, des techniciens et des employés de la métallurgie en Belgique. Ils ont des syndicats, c’est à dire trois fédérations, car la Belgique est le pays de la trinité.
Les politologues ont dit que la Belgique est un pays de ‘piliarisation‘, mot lourdaud signifiant qu’il y a des ‘piliers’. Écartant ‘Pieux Franki’, que je réserve à mes grosses colères, je propose qu’on renomme ça, pour le cas belge, la trinité.
C’est facile à retenir: il y a les syndicats socialistes, les syndicats chrétiens, les syndicats libéraux.
Et basta!
Car le secteur syndical est en Belgique à peu près aussi verrouillé que la banque ou les pharmacies. Il est en pratique impossible de créer un nouveau syndicat (reconnu comme tel par les lois du droit social et autres), une nouvelle banque, une nouvelle officine.

Les syndicats de la métallurgie n’affilient pas seulement les costauds des hauts-fourneaux. Ils ratissent large entre sidérurgie et récupération (ce dernier mot étant une source de plaisanteries plus ou moins bienveillantes et plus ou moins fondées): construction, mécanique, électricité, carrosserie, non ferreux… La liste est ici.

Pour Bruxelles et la Wallonie, côté socialiste, nous avons la MWB-FGTB, « Métallurgistes Wallonie Bruxelles », affiliée à la fédération des fédérations: la FGTB.
On dit: la MWB, parce qu’on sous-entend ‘fédération’, comme on dit: boire un Orval, parce qu’avec l’Orval, on sous-entend ‘un verre’, et jamais ‘une bière’. Seuls les ignorants croient boire une Orval quand ils boivent un Orval.
Autre point de langage: un syndicat est généralement une fédération. Ça date d’une époque où la fédération était illégale et presque synonyme de révolution. Quant au chef d’un syndicat, car il y en a un, ce n’est pas un lieutenant-général, mais un secrétaire général. Ça date de longtemps, les chefs, ou ‘têtes’. Très longtemps. C’est pourquoi il est difficile de faire une révolution, ou même un syndicat, sans chef. C’est comme pour les banques et les pharmacies.

*

Cette semaine, l’éditorial de Nico Cué, secrétaire général de la MWB, nous offre une jolie valse à trois temps:

1. Merci Patron, ovni cinématographique de style post-Michael Moore et film français de François Ruffin, qui sort en ce moment, Affiche_merci-patron_lardonsA4bientôt en Belgique, dont les médias mainstream (à l’eau tiède) nous disent qu’il ridiculise Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France. Ce dernier vit en Belgique mais ne pinaillons pas: il est l’homme le plus riche de France. Le film nous indiquerait que la peur change de camp, ou à tout le moins il nous dévoile la peur des super-riches et de leurs larbins. Elle existe!

2. Les patrons de la sidérurgie, « voyant leur mort prochaine », paniquent à propos du déferlement annoncé de l’acier chinois sur le monde et sur la Belgique. Ils proposent des manifs pour l’emploi, et même de payer les manifestants. Les patrons adorent l’emploi, car l’emploi est la condition de leur enrichissement. L’emploi dans leur bouche est un chantage et un masque, sans cesse brandis et re-brandis, et un film à venir s’appellera Les brandis du patronat.

3. En même temps, le patronat belge a tenté de restreindre le droit de grève et de faire interdire par de nouvelles lois les blocages routiers et autres. Pour le moment, il a foiré, mais, à l’instar du séducteur qu’aucun ‘non’ ne décourage, le patronat recommencera. La souffrance du patronat est sans limites, pourquoi voudriez-vous que sa plainte et ses revendications aient des limites?
Ceci est-il en contradiction avec le point précédent? Ou s’agit-il de l’éternelle palinodie (le désaveu de ce qu’on dit par ailleurs) des super-riches?
Le patronat n’a qu’une morale, et ce n’est pas la cohérence éthique. C’est le profit comme toujours, à la sauce un rien suicidaire d’aujourd’hui: financiarisation, externalisation, écrasement de la part salariale, destruction de la part publique. Les patrons et leurs larbins – n’oublions par leurs larbins car sans larbinat, pas de patronat -, ces gens-là ne reculent devant aucune contradiction secondaire quand il s’agit de servir leurs objectifs supérieurs. Si montrer leurs fesses à la télé faisait monter le cours des actions de leur entreprise, ils les montreraient.
De toute façon, ils le font déjà.

Le texte complet de Nico est sur http://www.metallos.be/pages/boite-a-outils/editos/25/02/2016/merci-patron.
La production est hebdomadaire et on peut s’abonner par simple demande à Michel Levecq, <mlevecq@mwb-fgtb.be>.

*

Voici le moment de signaler les excellentes chroniques de Paul (Paul Hermant) sur le site metallos.be de la MWB.
Cinq minutes d’ironie grinçante, d’intelligence et de pertinence.
Je vous laisse découvrir ça, si ce n’est déjà fait:

La chronique de Paul n° 1  –  Une entrée en matière autour du chômage, et une variation sur le thème de la ‘blague’.
La chronique de Paul n° 2  –  Histoire de la grenouille. « C’est malin, l’austérité », « l’austérité, c’est simple. » Nous avons ici une merveille que je propose pour l’Oscar de la chronique. Devinez les quatre mots de la fin: « Si vous croisez une casserole, changez de trottoir, et … »
La chronique de Paul n° 3  –  La crise de l’accueil des demandeurs d’asile. « Pour que la comédie soit complète, il faut ajouter de la farce à la farce. »
La chronique de Paul n° 4  –  La RCTT, Réduction Collective du Temps de Travail. Quand un syndicat propose des accroissements de leurs bénéfices à des patrons qui les refusent.

Le plus simple est de consulter ces chroniques sur Youtube.

Paul Hermant a été journaliste. Il a prononcé la dernière livraison de ses dix ans de ‘chroniquage’ quotidien, principalement à la Rtbf, le 28 juin 2012.
Il a du métier, il a du talent, et il est libre.

*

Bonne journée, bonne soirée, bonne nuit!

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