Quelques remarques sur le revenu universel

 

Bonjour!

Le revenu universel, dit aussi allocation universelle ou revenu de base, qui serait octroyé inconditionnellement à tout·e citoyen·ne, indépendamment de toute activité, toute autre rémunération ou toute condition de patrimoine, est un sujet qui traverse toutes les orientations politiques. On le voit défendu de la gauche de gauche à l’extrême-droite, ce qui donne à méditer…

Dans le contexte actuel, un revenu universel autour de 700 euros par mois (Finlande: 560 euros, Hamon: 800 euros pour une partie de la jeunesse dans un premier temps), soulagerait la grande pauvreté, mais contribuerait à la poursuite du creusement des inégalités déjà formidablement en place, en exerçant une merveilleuse (pas pour tous) pression à la baisse de salaires déjà bien mal en point.
La Finlande de la droite dure le teste déjà à 560 euros par mois: Ouest-France, https://www.anti-k.org/2016/08/26/finlande-le-revenu-de-base-teste-en-2017-avec-560-euros-par-mois/

Jean Gadrey, estimable économiste émérite de l’université de Lille, explique comment le revenu universel ou revenu de base créerait une nouvelle et forte inégalité entre ceux qui n’auront rien d’autre et ceux qui travailleraient au salaire minimum, soit une « paupérisation relative des minima ». https://www.anti-k.org/2017/01/28/le-revenu-de-base-produit-de-la-pauperisation-relative-des-minimas/

Une autre autorité morale à gauche est Bernard Friot, que l’on pourra entendre à Liège, à La Zone, le 26 juin à 19 heures. On le voit ici expliquer (12 minutes) comment le revenu de base s’insère dans les plans du capital qui visent à supprimer l’emploi comme source d’obligations pour l’employeur. Le capital ne veut plus être employeur. Le travailleur quittera l’emploi, ce qui est une aspiration légitime, mais pour de l’infra-emploi, pour une situation pire que l’emploi. « Le revenu de base est aujourd’hui une pièce maîtresse du projet du capital. »
Extrait d’une conférence à Science po: https://www.anti-k.org/2017/01/20/friot-arguments-decisifs-contre-le-revenu-de-base/

En revanche autour de 2.000 euros, voire 2.300 comme le proposaient les Suisses qui ont engagé (et perdu) une votation sur le sujet, là, il pourrait se passer quelque chose. Ce quelque chose serait en clair une lutte contre la part que s’octroient la finance et le grand management. Cette part va inévitablement se voir réduire un jour, soit par l’effondrement financier, soit par le mouvement social, tant les prédateurs ne s’arrêteront pas d’eux-mêmes, mais seulement sous la contrainte.

En résumé, la vision optimiste qui circule çà et là à gauche fait l’impasse sur les lourds rapports de force qui règnent aujourd’hui. L’obstacle permanent et de dernier ressort est, au-delà de l’acquiescement des politiques aux thèses néo-libérales, la prééminence de la finance dans la répartition des richesses produites.
C’est conceptuellement très simple, et politiquement très absent de nombreuses analyses.

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