Merci de Gaulle !

 

Bonjour!

Charles de Gaulle était d’une honnêteté personnelle irréprochable. Les dimanches après-midi à l’Elysée, lors des visites de ses petits-enfants, il tenait à payer de sa poche le chocolat chaud.

Son éloquence certes grandiloquente et quelques-unes de ses formules célèbres suscitent la nostalgie en nos temps de médiocrité.
« La politique ne se fera pas à la corbeille! » , disait-il, la corbeille étant ce lieu aujourd’hui disparu où se définissaient les cotations en bourse. Devant une jeep à la Libération, où se trouvait chaulé « Mort aux cons » , il s’est contenté du commentaire laconique « Vaste programme. »
Ses mémoires quant à eux sont d’une haute tenue littéraire.

Lieutenant en 1914, colonel en 1944, la seconde guerre mondiale le vit à la débâcle de 1940 entrer dans un cabinet ministériel, puis donner de Londres une voix à la France qui s’opposait à l’occupation allemande et au régime de Vichy. Il fut de ceux qui permirent au pays de ne pas être occupé et traité en vaincu, mais comme membre à part entière des Alliés.

Mais du haut de son mètre quatre-vingt-treize, nourri d’une formation classique propre au XIXème siècle (il avait 23 ans début 1914), « élevé dans une culture de grandeur nationale » , il fut d’abord un militaire et le resta toute sa vie. Président, son premier mouvement lors de l’éclatement des « événements » du mai 68 français, fut d’aller consulter ses généraux à Baden-Baden, et il parla de « chienlit » pour désigner les perturbateurs d’une société sclérosée. Partisan d’un exécutif fort, tenant les partis politiques en piètre estime, il fut l’inspirateur de la constitution de la cinquième République, un montage présidentiel  dont on paie aujourd’hui les potentialités d’autoritarisme. Premier merci à Charles de Gaulle.

Le deuxième et principal remerciement de ce billet au grand Charles, porte sur les conséquences des essais nucléaires français dans le Pacifique, sans lesquels chacun comprendra que la France serait petite et déchue, et les Françaises et les Français indignes de figurer au banquet des nations civilisées.

Les ONG  « Disclose et Interprt, en collaboration avec le programme Science & Global Security de l’université de Princeton (Etats-unis), ont enquêté pendant deux ans sur les conséquences des essais atmosphériques en Polynésie française. A l’aide de milliers de documents militaires déclassifiés, de centaines d’heures de calculs et de plusieurs dizaines de témoignages inédits, cette enquête démontre pour la première fois l’ampleur des retombées radioactives qui ont frappé les habitants de ce territoire vaste comme l’Europe. »

Les résultats de cette enquête baptisée « Toxique » sont en ligne sur le site Disclose et présentés brièvement par lesoir.be (PDF aussi), avec quelques données succinctes sur l’ONG, dont le journal est un des nombreux partenaires dans le monde.  « Disclose, nous dit son site,  est membre du Réseau international de journalisme d’investigation (GIJN) qui regroupe 184 organisations basées dans 77 pays  qui soutiennent et consolident le journalisme d’investigation dans le monde. »

Les nuisances sur les populations à Tahiti et dans d’autres îles de la Polynésie française, sont, selon les lieux et les paramètres, de deux à dix fois supérieures aux chiffres officiels de l’État. Toute la population de Tahiti de l’époque les a subies: « de 1966 à 1996, la France aura tiré 193 fois depuis les atolls de Mururoa et Fangataufa. Parmi ces essais nucléaires, 46 ont eu lieu à l’air libre, les plus contaminants du programme nucléaire français. »
« Ces révélations pourraient [aujourd’hui] ouvrir à l’indemnisation de 10.000 personnes au moins. »

 

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