Barbara Stiegler, nouveau libéralisme autoritaire et retraites

 

Bonjour!

Barbara Stiegler, déjà connue des lectrices et lecteurs de Condroz belge, professeure de philosophie politique à l’université de Bordeaux, a été invitée à une soirée électorale par François Ruffin, sur ses terres autour d’Amiens, préfecture du département de la Somme en Picardie française.

Elle développe sa vision du nouveau libéralisme autoritaire. Tout réglementer, tout cadrer, avec une prétention scientifique. La mondialisation et la division mondiale du travail comme seul sens de l’histoire, jusqu’à, « très naturellement » , « un état d’urgence permanent, avec un régime de catastrophe constant » … Un sens de la vie, une vision du monde, universalisant les comportements marchands de concurrence.

Elle explique avec force que ce n’est pas le covid, soit un virus, qui a mis à l’écart le premier projet de réforme des retraites du jupitérien, mais le mouvement social dans ses multiples composantes, y compris la bataille des dix-sept élus insoumis à l’Assemblée.

Parenthèse de Condroz belge:
S’agissant du système de pensions français, en principe et actuellement indépendant du budget de l’Etat, son équilibre n’est pas menacé à un terme de quelques décennies. La chose est avérée pour certains économistes (pas ceux de la finance, pas ceux que l’on présente le plus sur les plateaux), et reconnu par l’autorité de contrôle, le Conseil d’orientation des retraites ou COR: selon ce dernier, avec une croissance de 1,5 % des revenus d’actifs, l’équilibre des comptes serait atteint vers 2030, et l’ensemble serait bénéficiaire pour les décennies suivantes.
On peut ainsi raisonnablement suspecter que le projet de réforme des retraites Macron-McKinsey, vise à opérer une double prédation: d’une part sur les personnes âgées vulnérables et sur la proportion de ceux, plus nombreux avec l’âge, qui cotisent mais mourront avant l’accès à la retraite, et d’autre part sur les plus aisés qui seront dirigés vers un système privé, dit par capitalisation, où on retrouve en embuscade le fonds mondial Blackrock, dont le patron a été reçu par Emmanuel Macron à plusieurs reprises dès les premiers mois de son premier quinquennat.
Au final, dans une perspective d’affrontement de classes et du démantèlement de l’État en cours, reporter l’âge de la retraite à 65 ans est un moyen de dégager des ressources depuis les plus âgés et les moins favorisés vers d’autres secteurs.
On note ici que le néolibéralisme, qui traite les salaires comme des coûts, ayant donc en tant que tels « vocation » à être réduits, les dividendes des grands actionnaires et les revenus du haut management étant seuls à s’approprier les bénéfices, comme s’ils étaient les seuls vrais producteurs de richesses et les seuls vrais ayant-droits au gain, reconnaît bien en s’acharnant sur les salaires et les retraites (qu’il faut comprendre comme un salaire différé), que les salariés sont essentiels dans la prospérité. Si les classes dominantes sont à ce point obsédées par l’encadrement et la limitation des revenus modestes, c’est bien qu’il faut des pauvres pour enrichir les riches. Le président du Medef de son côté considère que le report de l’âge de la retraite est indispensable « car travailler plus enrichit davantage le pays » .

Mais il faut écouter le très intéressant exposé de Barbara, à partir de la minute 48:29 de cette vidéo, soit ici.
Il dure 36 minutes qui m’ont parues bien courtes.

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