20 euros ! Création d’une banque coopérative en Belgique, NEW B

NewB    0  ligné  2(Cliquer sur l’image pour mettre le compteur à jour)

Bonjour !

Nous assistons depuis fin mars au lancement d’une banque coopérative en Belgique dénommée New B, dont le site Internet est http://www.newb.coop/fr/.
75 associations, syndicats, ONG (Greenpeace, Médecins du Monde, Oxfam…), institutions culturelles (cinémas Les Grignoux) et groupes divers (les scouts, Caritas, l’Association belge des professionnels musulmans, la Ligue des familles, …) ont appuyé ce projet dès le départ, et y réunissent du capital. Leur liste est sur http://www.newb.coop/fr/aandeelhouders.aspx
Aujourd’hui, elles sont au nombre de 89.

Le but est de mettre sur pied une banque de dépôts généraliste, « citoyenne, transparente et éthique ». Les salaires ne pourront diverger de plus de 1 à 5 entre le directeur général et le salarié le moins payé. Contrairement à Triodos, qui n’offre que des comptes d’épargne, New B proposera toutes les opérations de paiement ordinaires à ses clients. Et les opérations de crédit seront orientées vers les activités locales.

L’assemblée des coopérateurs devrait avoir un large pouvoir de décision.

Les particuliers peuvent se faire coopérateurs moyennant virement de 20 euros, jusqu’à fin juin. Je l’ai fait, et j’ai inscrit mon fils sans lui demander son avis (je l’en ai néanmoins averti…) Les auteurs du projet comptaient sur 10.000 inscriptions la première semaine, ils en ont recueilli 30.000 ! Et plus de 39.000 à ce jour.

D’après les initiateurs, des professionnels de la banque de toutes fonctions leur envoient des CV. Intéressant et peut-être dangereux…

Le capital minimum légal de 6,2 millions d’euros sera dépassé, les perspectives tournant autour de plusieurs dizaines de millions. Les trois Régions appuient le projet « au niveau de l’étude » et pourraient aussi participer au tour de table.

De nombreux articles de presse évoquent le projet. Par exemple, celui-ci dans La Libre du 3 avril, et l’intéressant entretien avec l’actuel pilote du projet, Bernard Bayot, dans Moustique du 4 avril.

Ah! Je découvre que le gouverneur de la Banque nationale de Belgique n’a pas attendu quatre jours pour émettre des réserves, reprises ici sur le site du Soir. « Penser qu’un nouveau marché est à prendre » déclare-t-il notamment, « ne correspond pas à la situation réelle » .
Il a bien compris que toutes ces associations et tous ces coopérateurs individuels, comme peut-être vous et sûrement moi, voulons « prendre un marché ». Capté? Comme on dit militairement « prendre une ville » ou « prendre une citadelle » – ou pensez-vous que sa formule a la douceur de « prendre un café », voire « prendre un verre de champagne »? Ce n’est pas pour rien que l’État rémunère cet expert du réel au salaire brut annuel, hors avantages complémentaires, de cinq cent mille euros. (Si, si… voyez son « barême » en 2007.) Le bien public est en de bonnes mains!
Cette réaction me paraît bon signe, car quand une initiative déplaît à ce genre de gardien des privilèges serviteur de l’État, ou déplaît à la Bourse, ce qui est encore mieux, c’est toujours bon signe.
Ce devrait être un des premiers critères à prendre en compte pour juger des projets politiques, ou citoyens, par les temps qui courent: si la Bourse ne trouve rien à y redire, c’est qu’on a raté quelque chose d’essentiel.

Bonne nuit, bonne journée !

 

Guy

 

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« Stop Tihange », manifestation ce dimanche 10 mars 14h00 à Huy

 

 

Bonjour !

Les « responsables » politiques et industriels veulent garder jusqu’à leurs 50 ans des centrales qui ont été construites pour 30 ans.
Où se produira le prochain accident nucléaire en Europe ?
Pas ici? Pas à Tihange? Pas à Doel? Pas à Givet? Chez les autres?
Formidable ! La roulette russe est devenue une politique.

 

On nous a fait cet hiver une campagne médiatique sur le risque de coupures de courant, vous avez remarqué?
Le discours subliminal – ou le but, d’après certains mauvais esprits, étant que « nous » ne pourrions vivre avec la fermeture des centrales à cuves fissurées Tihange 2 et Doel 3.
Etc.

Vous avez donné votre avis, bande d’électeurs de démocratie-représentative ?

Pour ceux qui tiennent à dire « oui, je donne mon avis », il y a une manifestation ce dimanche 10 mars à partir de 14 heures organisée par la plateforme internationale « Stop Tihange » (Belgique, Allemagne, Pays-Bas), qui partira de l’Avenue Delchambre (et non de la Grand Place comme annoncé) à Huy pour arriver au pied de la centrale nucléaire.

Et pour ceux qui souhaiteraient une bonne synthèse sur la folie nucléaire, Francis Leboutte (qui, pur hasard, n’est pas mon cousin, mais mon frangin) vient de mettre à ce sujet quatre pages en ligne sous le titre « Nucléaire, technique contre nature » .
L’ennui, c’est que si vous lisez ça, vous aurez du mal à convaincre un jour vos petits-enfants que vous ne saviez pas.
(Vous devrez un jour, en effet, expliquer le bazar dont ils hériteront à ces petits-là.)

Bon week-end!

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Les loups de la spéculation annoncent le krach post-2008

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D’après bilderberg.org

 

 

Bonjour!

Je n’ai plus rien écrit ici depuis le 31 décembre.

Mes courriers non sollicités étant les seules nouvelles de moi que reçoivent certains de mes destinataires, à partir de deux mois de silence sur ce canal, d’aucuns (d’aucuns… génie des langues humaines!) me demandent si je suis toujours là, et dans quel état. Première raison de donner signe de survie.

Pourtant, j’aurais pu sortir plus tôt de ce relatif silence. On ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé encore, en 2013, en événements propres à faire parler. Mais y a-t-il du neuf ou du surprenant?

La décomposition de la royauté belge, par exemple, nous met en verve, mais elle n’a pas besoin d’aide. L’affaire est entre de bonnes mains, au plus haut niveau.
À ce propos ou presque, je suis heureux de vous faire part des bonnes heures dispensées par le formidable Congo – Une histoire, de David Van Reybrouck, un ouvrage de salubrité publique qui manquait à la Belgique, et l’exemple même de livre que l’on n’a pas le droit de ne pas lire. J’ai bien failli en rendre compte longuement.

Plus substantielles sont la psychologisation de l’affaire Mittal à Seraing, et la massive entrée en scène des politiciens professionnels dans ce dossier. Il y en a une armée, un contingent, pour illustrer comment la démocratie représentative occulte la vraie question politique, celle qui la fonde et ne peut être révélée, ainsi que l’explique avec talent notre ami Slavoj Žižek (qui c’est? voyez-le ici provoquer des rires en grec, anglais et français), dans son petit et amusant Que veut l’Europe? (présentation en 300 ou 600 mots.)

Du titre de Žižek, impossible de ne pas être renvoyés à l’admonestation qui se répand par salons lambrissés et studios sonorisés comme la peur sur la peau: Il nous faut plus d’Europe. Plus d’Europe ! Et là, il y a un filon à vingt-quatre carats, ruisselant des mille feux de la médiatisation, avec certes, et pour cause, beaucoup moins de matière grise, offert par le duo des boute-en-train Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit, qui, oui, kiwi en belge, mérite un petit démontage en règle à l’adresse des distraits. Plus d’Europe, mais de laquelle? Pour nous, mais qui, nous ?

Et tout fraîchement, la suppression de 1.400 emplois directs par Caterpillar, à Gosselies, mérite aussi son pesant d’épîtres et de bafouilles. Il n’échappe à personne que s’ajoutant à Ford-Genk et Mittal-Liège, nous avons là, dans notre étroit territoire, de quoi élargir la perspective, et surtout ne pas nous limiter à l’examen de l’économie-que-nous-sommes-désormais-obligés-d’appeler-réelle, qu’un économiste américain (du Nord) a déclarée « filiale d’un casino géant ». Élargir le débat: il n’y a pas que les physiciens qui rêvent d’une théorie du champ unique, celle qui réunirait les vérités discordantes! C’est un désir universel de la conscience humaine, qui vous anime autant que moi.

Gardons pour plus tard cet autre triomphe du capitalisme, la la la, la lasagne inattendue quoique non surprenante. Il y a trop de bruit pour en parler aujourd’hui. (J’ai fait une exception…) Trop de bruit, mais pas pour battre ma coulpe, au contraire! Le repentir est plus facile quand les oreilles sont distraites. Je confesse donc avoir appris dans ce vacarme, avec quelques années de retard, que trente à quarante pour-cent des porcs européens sont les hôtes d’un staphylocoque mutant à peu près insensible aux antibiotiques. Aux États-Unis, cette bébète dite dorée a, en 2005, tué 19.000 personnes – plus que le sida.
Qui a dit : Il n’y a aucune force dont dispose l’Occident, qu’il ne mène à ses limites ?
Karl Marx, sans doute. Ou Michel Bakounine?
Hé non: Emmanuel Lévinas.

Il y avait donc quelques sujets alléchants. Mais d’autres occupations m’ont retenu. Oui. Elles m’ont pris par le bras, en criant: « Ne fais pas le con ! » – Ce que vous ne pourrez manquer de voir dans la version filmée de ma lettre, quand Buñuel reviendra de sa dernière fugue, dès que Jean-Sébastien Bach nous l’aura relâché.

Plus j’avance dans ce courrier, plus il apparaît comme celui des discours non tenus.
En voilà du blabla pour une liste de sujets non abordés ! Je suis allé à l’enterrement de mon père avec, en poche, un laïus soigneusement préparé, que je n’ai pas lu.
Mais autres lieux, autres échos. Ici, les discours évoqués ne m’appartiennent pas. Chacun se les construit, de plus en plus aiguisés.
Il est surprenant de constater comment, dans des milieux très divers, avance dans les consciences un décodage chaque jour plus cruel de notre civilisation.

Je vais prochainement m’y remettre, c’est inévitable.

*

En attendant, une chose a attiré mon attention cette semaine. Une lettre de diffusion émanant de conseillers en finance, spécialisés dans les titres sur matières premières, annonce un krach qui pourrait renvoyer, cette année déjà, celui de 2008 aux oubliettes.

Bien sûr cet événement sera pour eux, et l’est dès à présent, une occasion comme les autres de business ou de tentative de business. Ils feront des paris et des promesses au matin même de la (réelle) fin du monde, et à la minute même de leur propre mort! On sait qu’autour de 2008, des fonds d’investissement ont spéculé sur la ruine des marchés, autant dire sur leur propre fin.

Aujourd’hui, nos conseillers identifient trois périls imminents. Le krach et le crash des titres représentatifs de dettes d’État, lesquelles atteignent des montants vertigineux, en particulier aux États-Unis. L’illusion de la bonne santé apparente des bourses, basée sur de pures et fragiles croyances. Et le rejet des électeurs aux prochains scrutins, italiens et allemands pour cette année.
Un de leurs principaux créneaux de spéculation est l’effondrement! Et les conseils qu’ils vendent à leurs clients dans ce contexte portent le doux nom de kit de survie.

Ces gens-là ont annoncé l’inflation dès 2010, quand à peu près personne ne prenait l’hypothèse en compte, alors qu’aujourd’hui elle apparaît comme une possibilité raisonnable ou inévitable pour à peu près tous les analystes supposés sérieux. Et dans leur commentaire sur l’élection italienne, publié la veille du scrutin, ils ont pour moitié mis dans le mille : les électeurs italiens commencent à refuser la potion de la rigueur, et « les marchés » « n’aiment pas » le résultat.
« Il y a toujours quelque chose de vrai dans la parole de mes ennemis » , disait Wilhelm Reich.
Pour l’autre moitié de leur appréciation de la situation transalpine, nos conseils en finance affichent leur incapacité à reconnaître la nouveauté là où elle affleure: « s’il y en a un mètre » (Salvador Dali), de nouveauté, c’est bien dans le M5S ou  Mouvement 5 Étoiles de Beppe Grillo. Pas ailleurs !

Fin des citations.

Bonne nuit, bonne soirée, bonne journée

Guy.

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Paix (Nobel) des armes et guerre sociale dans l’Union Européenne

Bonjour, bonjour !

Février 2013. Je retrouve un article ancien, du 24 avril 2006, commentant, comme par avance, l’étroitesse de la conception du mot « paix » dont témoigne le prix Nobel du même nom décerné récemment à l’Union européenne. Il y manque certes un petit résumé des interventions militaires de la dite Union, OTAN oblige paraît-il – comme il paraît que dans OTAN il y a « Atlantique Nord ».  Deux traits majeurs caractérisent nos pays, disait Howard Zinn, que nie quotidiennement le discours officiel: la cupidité et le militarisme.

En ce jour d’avril 2006, je signais « Paix des armes et guerre sociale dans l’Union Européenne » sur le site fairelejour.org. S’agissant du pilier « cupidité », le texte a très peu vieilli ! L’actualité dure plus d’un jour et plus d’une semaine! Normal, me souffle le conseiller Synthèses et prospective de condrozbelge.com, car le temps historique a peu à voir avec notre temps existentiel, et par belles ou par laides (francophonie belge, vingtième siècle), il faudra bien que nous l’apprenassions.

Paix des armes et guerre sociale dans l’Union Européenne

( http://www.fairelejour.org/spip.php?article1138    lundi 24 avril 2006 )

La volonté de pérenniser la paix des armes est [serait] à l’origine du Traité de Rome instituant en 1957 la Communauté Économique Européenne.

Aujourd’hui étendue et rebaptisée Union Européenne, et alors qu’elle a pu contribuer à rendre impensable le recours à la force pour régler les différends entre ses membres, cette association d’États se livre désormais à une guerre sociale de plus en plus obscène, entendez : de plus en plus évidente en même temps qu’elle est inavouable.

L’Union des pouvoirs met les peuples en concurrence, non pour un prix de vertu, de civilisation ou de progrès humain, mais pour des performances économiques [1], dont la réussite se mesure sur les marchés. Et particulièrement, sur les marchés financiers, où sont placés les « actifs » de ceux qui s’enrichissent en dormant, selon le mot de François Mitterrand. Les gouvernements et l’Union Européenne se portent en effet garants d’une légalité qui assure au capital financier, à l’actionnaire, un rendement de très loin supérieur à la croissance de la société globale elle-même, dans un rapport approximatif et variable de 15 à 2. Cette légalité contribue arithmétiquement à organiser la chute des autres revenus, en particulier ceux du travail !

Un des fleurons de ce nouveau cours est représenté par une Banque Centrale Européenne échappant totalement au suffrage universel, et poursuivant en dehors de toute autre considération la réalisation d’un seul objectif : réduire l’inflation. Ce qui n’est rien d’autre que satisfaire l’obsession du rentier et assurer son revenu, le plus souvent au détriment de l’activité et de l’emploi. La suprématie du droit de propriété sur tous les autres droits humains est chaque jour renforcée.

Voici ouverte une phase de paupérisation relative du secteur productif qui paraît sans limite. Si en 1974, année du premier choc pétrolier, la production annuelle de richesses allait pour 60% aux revenus du travail, et pour 40% aux revenus de la propriété, vingt ans plus tard cette proportion était renversée.

Dans le tout-au-profit financier qui prévaut aujourd’hui, le facteur humain, représenté par le taux d’emploi, est déclaré « variable d’ajustement ». Les économistes du sérail théorisent le « chômage d’équilibre », que certains fixent à 9 pour cent de la population active. En réalité ils n’arrivent pas à évaluer ce chiffre autrement qu’au niveau du taux de chômage officiel [2] : voici peut-être le seul équilibre de la théorie économique qui se vérifie année après année ! Cette doctrine solipsiste indique parmi d’autres le degré de banalisation ou de justification du malheur [3] que manipulent quotidiennement les penseurs académiques et les praticiens, bancaires et autres, de l’économie politique. Il s’agit bien d’une obscénité : une négation inavouable et permanente des idéaux démocratiques.

Au bénéfice de la sur-accumulation de quelques-uns, l’exigence d’ajustement, renommée « flexibilité » ou « compétitivité », est imposée à tous. C’est la version politique post-moderne du « Nécessité fait loi ». Elle vient du fond des âges, et dès lors certains la diront éternelle, ou la naturaliseront, comme Alain Minc, pour qui le marché est « l’état de nature » de l’activité humaine. Or Merleau-Ponty déjà voyait en l’Homme la « fin de l’histoire naturelle ». L’homme combat la nature si elle lui nuit : le froid, la canicule, la sécheresse, l’inondation…, ou si simplement elle le limite : la gravitation… Quant à la supposée éternité de la domination de l’homme sur l’homme, elle est une durée étroite et circonscrite dans l’âge restreint de notre jeune espèce. Cette prétendue immuabilité exprime une vision partiale et surtout fermée, d’un temps fini, passé ; elle fait fi du caractère foncièrement ouvert et imprévisible de l’avenir, par ailleurs évalué par les naturalistes eux-mêmes au milliard d’années qui nous reste sur la planète Terre avant son réchauffement par notre soleil vieillissant à une température incompatible avec notre survie.
« Les dinosaures ont vécu 150 millions d’années. Comment imaginez-vous une croissance équilibrée de 150 millions d’années ? » demandait Friedrich Dürenmatt.

L’endoctrinement veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’autre voie que de résister à la concurrence internationale par de plus bas salaires, se résigner à la plus longue semaine ou à la plus longue vie de travail, s’aligner sur la moindre protection sociale, le moins d’impôt et le moins d’État. C’est dans ce sens que dirigeants, intellectuels médiatiques, presse et paresse veulent jour après jour nous convaincre de penser en automates.

Si l’Union d’une partie de l’Europe présente quelques spécificités, elles ne sont que les modalités locales d’une mondialisation croissante des appétits, servie par la planétarisation instantanée des informations et des décisions du capital financier.

L’Europe non unioniste, les États-Unis, la Chine, le Japon, chaque pays du monde a son inscription dans la dictature globalisée du profit, qui est un rapport social, une dictature de l’homme sur l’homme. La Chine ne surmonte des tensions sociales, régionales et environnementales explosives que grâce à la croyance qu’ont ses citoyens adultes, de voir leurs enfants connaître un sort plus enviable que le leur. Sous la menace de délocaliser vers cet énorme pays, mouvement à la tête duquel a pris place la chaîne de distribution Walmart, désormais première entreprise privée mondiale, l’industrie étasunienne promet à la classe ouvrière un abaissement du salaire horaire de 29 à 9 dollars [4]. C’est, aux E-U, dans un terme de quelques années, la fin de l’accession du prolétariat traditionnel à une certaine classe moyenne, et la destruction d’un des piliers du contrat social qui assurait jusqu’à présent la cohésion de « l’empire de la honte » [5].

Il n’y a aucun doute que le même mouvement soit à l’oeuvre dans l’Union Européenne, où sa visibilité seule se trouve réduite, par le morcellement des nations, des langues et de l’espace.

Fait remarquable mais inévitable sur un territoire marqué de longue date par des législations de protection sociale, il se fait, et il faut !, dans l’Europe des États redistributeurs, que les exécutifs favorisent et protègent le pouvoir des marchés. Car pour s’étendre là où les États sont plus présents dans l’économie, le protectionnisme dont bénéficient les acteurs financiers postule, plus qu’ailleurs, la dérégulation et les privatisations, et donc la collaboration de pouvoirs publics amenés dès lors à renier un proche passé. [6]

L’originalité de l’Union européenne réside en ceci qu’une délégation de pouvoirs à des organes supra-nationaux permet d’uniformiser et de hâter sur le sous-continent, la mise en conformité libérale des espaces nationaux. Les acteurs décisifs de cette politique sont une Commission gagnée aux impératifs catégoriques de la concurrence et perméable au lobbying des intérêts privés, comme on l’a vu jusque dans la rédaction d’un projet de « constitution » !, et une Banque Centrale Européenne murée dans une quête quasi autiste de ses objectifs, moulée dans une indépendance aux pouvoirs démocratiques unique au monde.

La légitimité pacifiste des origines masque, de plus en plus mal, la guerre sans merci que les exécutifs de l’Union Européenne livrent à la jeunesse et au monde du travail.

Guy Leboutte, Liège

[1] « Économiques » au sens idéologique que donne à ce mot la doxa libérale, ce qui est loin de satisfaire une option même minimaliste des besoins humains. Des critiques pertinentes et de plus en plus nombreuses voient le jour. De Paul Virilio à Bernard Maris, des prix Nobel Amartya Sen et Joseph Stiglitz au très abordable Les mensonges de l’économie de John Kenneth Galbraith, Grasset, 2004

[2] Lequel est fréquemment inférieur de moitié au montant réel.

[3] Notre époque n’en a en rien le monopole ! Lire du même Galbraith, « L’art d’ignorer les pauvres », Harper’s Magazine, novembre 1985.

[4] Voyez les reportages de la chaîne étasunienne Frontline (http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/gsearch.html?x=0&y=0&q=walmart) et « Wal-Mart à l’assaut du monde », Le Monde Diplomatique, janvier 2006

[5] Jean Ziegler , L’Empire de la honte, Fayard, 2005.

[6] Voir l’appel « Résister c’est créer ! Créer c’est résister ! », de Lise London, Raymond Aubrach, Henri Bartoli, Philippe Dechartre, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Georges Séguy, Maurice Voutey et al, http://carnetsdenuit.typepad.com/carnets_de_nuit/2006/04/crer_cest_rsist.html

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Mes voeux pour 2013   :   Réalité !

D'après POL sur le blog de Paul Jorion

Ambigramme de POL sur le blog de Paul Jorion

Bonjour !

Je vous écris pour vous présenter mes voeux.

L’idée était de vous envoyer un morceau de mon piano. Pas un bout de bois et de métal ! Non, vous envoyer un morceau joué, c’est à dire improvisé (car je ne lis aucune partition), sur mon piano. J’en ai enregistré quatre, ce samedi 29 décembre.
Mais voilà, je ne peux pas éviter de parler de la veille, vendredi 28.

J’étais ce soir-là à la piscine du Sart-Tilman, au coeur du campus de l’université.
Un nageur en difficulté a soudain été ramené par d’autres sur le bord du bassin, ce qui m’a échappé en raison de ma myopie. Mais l’instant d’après, je percevais, en toute clarté, la course silencieuse du maître-nageur s’élançant depuis le côté opposé. Il se passait quelque chose.
La  soirée a changé de cadre.

Le type sorti de l’eau est resté en arrêt respiratoire pendant vingt-cinq secondes.

Et le sauveteur s’est rendu maître de tout l’espace.
Il a fait quelques respirations en bouche à bouche, imprimé quelques pressions des deux mains sur le thorax du nageur inanimé.
Il a intimé à tous l’ordre de quitter l’eau.
Il a demandé à l’une d’amener la bouteille d’oxygène qu’il lui a désignée, à un autre de chercher un coussin en mousse dans sa cabine – pour le glisser sous la tête du noyé, puis à un troisième, de téléphoner au 112.
Au groupe qui se formait autour de lui, il a réclamé trois mètres de distance.

Envers le noyé, le sauveteur n’a pas cessé de dire à voix forte:
« Reste avec moi! »
« Ne ferme pas les yeux! »
« Vomis, si tu dois! »
« Cligne des yeux si tu m’entends ! »
« N’hésite pas à vomir! »
« Calme-toi! Tout va bien! »
« Je suis là, je suis sauveteur, ne t’inquiète pas! »
« Je vais te mettre le masque à oxygène, pour t’aider à respirer! »
« Serre-moi la main si tu m’entends »
« Ne pars pas !! Ne pars pas ! Ne ferme pas les yeux ! »
« Reste avec moi! »
« Voilà, voilà, bien… Calme-toi! »

Au milieu de ces tirades:
« Videz la piscine! »   (Eh oui…)

Puis, comme un sourd, autiste, inconscient ou cynique, persistait à nager seul dans une eau déjà étale:
« Mais nom de dieu! Virez-moi cette personne! Faites-la sortir de l’eau! »

Et à nouveau:
« Calme-toi! »
« Respire! »

Déployant une feuille aluminée sur son corps:
« Je te mets une petite couverture, ce n’est pas terrible, mais ça va t’aider! Calme-toi. »

« Les secours arrivent! Ce sont des pros, ils vont te prendre en charge ! »…

C’était fort, c’était intense. Comme une chorégraphie dont chaque point avait été pensé et répété, pour échapper aux troubles de l’imprévu, et limiter l’improvisation. Afin de laisser un maximum de ressources mentales pour répondre à la singularité de la situation, malgré la charge d’un enjeu vital.

J’étais là, assis sur le large bord des fenêtres, à trois mètres du centre de la scène, toutes ouïes ouvertes, sans mes lunettes et prêt à dire au maître-nageur, s’il m’avait demandé un geste: « Je suis myope, demandez à quelqu’un d’autre! »
Ce n’était pas le moment de faire dans le flou.

Deux sauveteurs du corps des pompiers de Liège sont apparus avec de grands sacs, après que nous ayons entendu leur sirène, ont échangé quelques mots par radio et déballé leur matériel, pendant que le maître-nageur leur résumait les événements.
Le rythme changeait et les choses se calmaient. Vraisemblablement, la victime était tirée d’affaire.

Libéré de l’urgence, le maître-nageur est retourné à sa cabine. Il restait une demi-heure avant la fermeture, et je m’interrogeais: allions-nous pouvoir nager encore? Je me suis dirigé vers lui, pensant vaguement le lui demander. Après quelques pas, je savais que ma question était sans objet. La séance était finie.
Lui revenait vers les pompiers, je l’ai croisé.
« Beau boulot », lui ai-je dit.
- Merci.
J’ai continué de marcher, et mes larmes ont jailli.

La grande chaîne des réciprocités…
C’est tout ce que je veux dans ce monde!
Que des moyens soient mis en place collectivement pour parer à ce genre d’événements, pour limiter les conséquences d’accidents de toutes sortes. À la piscine comme au boulot. Sur la route comme face à la maladie. Une sécurité collective, sociale, le vivre-ensemble dans tous les sens du terme.
Sans le maître-nageur et sa compétence, conjonction ponctuelle d’une précieuse somme d’investissements et d’expériences, dressée face aux éternels aléas, sans toute une constellation de savoirs et de volontés, oeuvrant dans la durée, cet homme était mort.
Je n’ose penser à ce qui se serait passé, dans les mêmes circonstances, dans certaines piscines de la région.

Vingt minutes plus tard, dans le vestiaire collectif où je me rhabille, une altercation oppose deux hommes qui semblent se connaître.
- Encore un qui a bien profité de nous.
- Mais qu’est-ce que tu dis! …Tu es à côté de tes pompes !
- Ben c’est vrai! Chez lui, on te laisserait crever.
- M’enfin! Tu vas recommencer avec tes histoires d’entreprise privée où on travaille douze heures par jour ?
- Ben écoute, tu sais que j’ai raison. C’est la réalité.
- Mais quelle réalité? Tu déconnes complètement!
- Et à cause de ça, on doit sortir plus tôt.
- …Eh bien, vas-y! Va demander qu’on te rembourse!

Ils s’en sont tenus à ces quelques phrases. Celui qui a failli se noyer est un homme à la peau noire.

Deux heures plus tard, à la maison, me tombait sous les yeux une histoire présentée comme amérindienne.

Sagesse amérindienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ça, la réalité humaine !
À chacun de choisir la sienne.

*        *        *        *

J’avais enregistré quatre morceaux dont les durées totalisent, par le plus grand des hasards, exactement dix minutes. Ils ont été joués sans transition et sans intention, quoique bien sûr dans un état d’esprit orienté – dont je serais bien en peine de livrer les détails, mais qui consistait à me pénétrer de cette idée, les voeux pour l’année qui vient, etc.

Les ayant écoutés et réécoutés, je leur ai donné à chacun un titre qui vaut ce qu’il vaut. Et voilà que je n’arrive pas à choisir celui qui devait accompagner ce courrier.
Je n’ai pas que ça à faire! Je les ai mis tous les quatre sur mon blog d’archives, dans l’ordre où ils ont été produits. Vous pouvez, ou pas, butiner en cliquant sur leurs noms. Quelques secondes de chaque? Un au hasard? Le n°4? :
1 – Arbitraire de la joie qu’on n’attendait pas (3:05)
2 – Le moment qui passe est unique (3:04)
3 – Psst ! Éternelle basse de JSB, influence nègre et oups, courage fuyons (1:05)
4 – Tourments de l’inconnu et plaisirs balisés (2:26)

Voilà.
C’était 2012.
Vive 2013 !

Guy

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PS: et voici, en plein dans le sujet, Michael Moore à propos du massacre de Newton:  Pourquoi tue-t-on aux États-Unis beaucoup plus qu’ailleurs ?

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Littérature. Les bons auteurs, le premier choix, le deuxième choix…

À droite, Jeanette Winterson, d’après http://www.twoshortdays.com  -  À gauche, François Rabelais

Bonjour !

Mes courriers non sollicités se multiplient et celui-ci est un peu long, mais que voulez-vous.
Si vous le lisez jusqu’au bout, vous verrez et comprendrez que c’est ma peau.
Si non, euh… Ce n’est pas pour me vanter, mais je ne sais pas toujours ce que je dis. (Voir plus bas.)
Un de mes proches rétorque, à chaque fois que je mets mon coeur ou mes tripes dans la conversation: « Quand tu en auras fini avec tes platitudes… »
Il s’agit de cela, et du reste.


Quand un auteur me ravit, ma fonction critique est abolie, et c’est ça que j’aime. Philip Roth, La Tache. Ça prend parfois cinquante pages – c’est un maximum, La Fête au bouc, Mario Vargas Llosa, pour enclencher, mais quand ça enclenche, Laurent Gaudé, tous ses romans, quand ça déclenche, c’est définitif et ça roule comme l’océan jusqu’à la dernière page. Inapprochable Le silence de la mer de Vercors. Et
s’il y a de la métaphore, Henri Bauchau, Oedipe sur la route, elle s’impose comme des ronds dans l’eau, par associations d’idées, de sentiments, de souvenirs…, sans que j’agisse intentionnellement. L’amour au temps du choléra, Gabriel Garcia Marquez. C’est ça que j’appelle le premier choix: jamais je ne me dis que l’auteur(e) aurait pu formuler autrement, Gunther Grass, Mon siècle, ou s’y prendre autrement, Jørn Riel, La Vierge froide et autres racontars. Je me laisse emmener par le petit doigt où lui m’emmène. Lui ou elle est le chemin, moi je l’emprunte, pour aller, bien évidemment, je ne sais où, Une histoire d’amour, Régis Jauffret. Il y a des gens qui reconstruisent à ce point les histoires qu’ils lisent ou regardent au cinéma, qu’ils transforment tout navet en bon film : il n’empêche que le film est mauvais, eux ont fait le boulot, eux sont l’artiste – ils ont cessé d’être lecteur ou spectateur. S’il n’y a pas trente pages, L’homme qui plantait des arbres, Jean Giono, il y a intérêt à ce que ça déclenche vite, et heureusement, ça le fait, comme on dit aujourd’hui, dans le premier choix, dès la première ou deuxième page sans doute, en urgence quand c’est si court, L’homme assis dans le couloir, Marguerite Duras. Il y a plusieurs catégories, il y a plusieurs genres, bien sûr, dans le premier choix. Giono cohabite avec Marguerite Yourcenar, Nouvelles orientales, et Duras est une catégorie et un genre à elle toute seule. Le ravissement de Lol V. Stein.
L’homme qui était mort, David Herbert Lawrence. Michael K, sa vie, son temps, John Maxwell Coetzee. La Modification, Michel Butor – une des preuves de l’intelligence humaine. Alcofribas Nasier tout entier, pseudonyme et anagramme aujourd’hui abandonnés de François Rabelais.
Il y a par bonheur de nombreux livres et auteurs de premier choix.  AOC, Artiste ou Oeuvre de premier Choix.

Ceux que j’appelle les seconds couteaux sont estimables et parfois dotés de hautes qualités à un degré très élevé, Le dernier Crâne de Monsieur de Sade, Jacques Chessex, mais ils ne m’emportent pas, et donc c’est raté finalement. Non, c’est raté, point. Les Rendez-vous, Christian Oster. J’ai un goût de trop peu, j’ai perdu mon temps. Sa femme, Emmanuèle Bernheim. J’aurais préféré regarder mon plafond, ou le ciel, que lire un second choix. La salle de  bain, Philippe Toussaint. Si à la page cinquante d’un livre, ou plus loin, je me dis que l’auteur aurait pu, ou aurait dû, mettre un autre adjectif, supprimer une incidente, si l’estime ne cède pas la place à l’abandon, le livre est raté – s’agissant de ce que je cherche dans la littérature et de ce que la littérature cherche en moi. Mais il y a ce tropisme ou l’espoir, ou le respect ou l’enfance, il y a je ne sais quoi, ça me fait lire les livres en entier. J’arrête très rarement avant la fin.
Aussi suis-je d’accord avec la formulation de la mère de Jeanette Winterson, quoique dans un autre esprit, dans le very, very first vintage choice et meilleur titre des mille dernières années jusqu’à demain matin, Pourquoi être heureux quand on peut être normal? :
« Un livre c’est dangereux, car lorsque l’on sait qu’il est mauvais, il est trop tard » : on est déjà en train de le lire, et parfois fort avancé.

Mais il y a un troisième choix. Ceux dont on découvre très tôt qu’ils sont mauvais.
Peut-être que je les termine, ce n’est pas sûr, ou ça arrive, mais un jour ou l’autre je ne lis plus l’auteur. C’est le cas pour Amélie Nothomb, dont Frédéric Beigbeder assure charitablement, dans Premier bilan après l’apocalypse, que le seul livre réussi est le premier qu’elle a publié. Mon ami M. L., qui sera bientôt un auteur édité et reconnu, affirme qu’elle a le mérite de donner l’impression à ses lecteurs qu’ils lisent de la littérature. En tous les cas, je peux vous dire, pour l’avoir observé personnellement, qu’il y a dans la région du Sud-Luxembourg belge, où la famille d’Amélie exerce depuis la création du pays des talents héréditaires et successoraux en politique chrétienne et conservatrice, je peux vous dire que dans cette région les hypermarchés présentent aux caisses des piles métriques de ses livres, en tous formats et en toute saison. C’est un gisement, une veine, un filon ! Une mine, un trésor! Je lui reconnais certes un style dégraissé exemplaire, et les vingt premières lignes de Métaphysique des tubes sont pour moi un joyau de grande valeur. Malheureusement, à rebours de mes coups de coeur, après quinze pages cet opus redevient de l’Amélie Nothomb. Éric-Emmanuel Schmitt, chez le même éditeur – à l’exception d’Oscar et la dame rose.
C’est la catégorie dont je dis du mal comme un amant déçu, car je les ai aimés. J’étais jeune et pour un temps ils m’ont fait illusion.

Le quatrième choix et fond du panier, ce sont les livres qu’on sait mauvais sans les lire. Mais on se trompe parfois ! Je croyais Romain Gary aussi fatigant que Paul Morand, New York, vu que tous deux avaient en commun une carrière de diplomate – argument certes un peu court, « mais que savez-vous de la vanité des choses de la vie? » (Camilo José Cela, La Famille de Pascal Duarte, AOC). Donc je ne lisais pas Gary, tout en lui accordant qu’il avait su échapper à son piège personnel en signant Émile Ajar, dont je raffole sauf le premier, Gros-Câlin, pas encore vraiment Ajar selon mon test personnel de résonance neuronale. L’analogie avec Morand était fausse, et heureusement que mon fils ce héros m’a fait lire Chien blanc, qui est formidable.

Il y a d’autres catégories de livres. Ainsi, ceux qu’on cite sans les avoir lus.
J’ai cité Le Dictionnaire du diable d’Ambrose Bierce pendant vingt ans, et je continue, depuis qu’une de ses définitions s’est gravée dans ma mémoire à la lecture d’un article de Libération.
Oui.
Rendre service: poser les fondations d’une relation de dépendance.
Quand Librio a publié un petit dixième des entrées du livre final, qui a eu du vivant de l’auteur plusieurs éditions, je l’ai lu. Mais Rendre service n’y figure pas.
Un certain Pierre Bayard a signé Comment parler des livres que l’on n’a pas lus, qui est paraît-il fort agréable et très fin, beaucoup plus sensé qu’on ne pourrait croire à s’en tenir au titre. Il est juste que je vous en parle ici, sans en avoir eu jamais une seule ligne sous les yeux.

Et les livres universellement reconnus comme des chefs-d’oeuvre, que l’on n’a pas lus, dont on connaît les mérites, que l’on a achetés ou reçus en cadeau et qui sont sur l’étagère, à deux mètres de l’endroit où je vous écris ?
J’ai tout Proust en un volume, ce qui n’est pas des plus maniables, mais pratique pour la valise du jour où je partirai pour deux mois à l’hôpital – ma santé jusqu’ici a dit non. J’ai acquis Finnegans Wake de Joyce, ce qui est une erreur car je sais que je ne le lirai jamais: j’y vois une folie nombriliste à laquelle je ne peux souscrire, et Ulysse du même m’attend, et qu’est-ce que j’attends? J’ai cité Ulysse dans la langue originale et dans mon français de tous les jours, incessamment pendant des années. À tout propos je disais « Yes! » , qui est le mythique dernier mot d’Ulysse - que Gallimard pour cette raison va paraît-il rebaptiser Ulyess.
En attendant, j’ai lu la passionnante biographie de Joyce par Richard Ellmann. De même j’ai, toujours en attendant – oui, j’ai lu le délicieux et britannique Alain de Botton, Comment Proust peut changer votre vie, le livre parfait pour ceux qui n’osent pas lire Proust. J’attends pour ça une panne système qui m’isolera du monde comme la peste le fit des personnages du Décameron de Boccace, sans doute, mais oui, mais c’est bien sûr.

Et.
Le rouleau original, Sur la Route, Jack Kerouac. Roberto Bolaño, Les détectives sauvages. Juan Rulfo, Pedro Páramo, chaînon manquant mexicain entre la littérature du XIXème siècle et le réalisme magique sud-américain. Murakami, les deux, car il y a deux Murakami, Ryū qui aurait pu écrire Japanese Psycho, et Haruki à la gloire universelle, dont j’ai juste lu Kafka sur le rivage, à l’inoubliable « Ce n’est pas pour me vanter, mais je ne suis pas très malin. » Rien lu de Tolstoï. Rien d’Henri Michaux.

J’ai lu des Russes – Isaac Bebel, Mikhaïl Boulgakov, Anatoli Rybakov, Le quartier de l’Arbat,  qui fut le premier à faire de Staline un personnage de roman, et qui sur le mur face à sa table de travail avait mis une affichette avec ces mots: « Pour écrire, il faut écrire. » Anton Tchékhov, pour ses nouvelles, oh ciel, les nouvelles de Tchékhov.
Vladimir Maiakovsky, La Punaise. L’Idiot, Fédor Dostoïevsky.
Nicolas Gogol, Les âmes mortes, surpasse un traité de science politique sur le communisme soviétique. Il y a trop de Russes pour les citer ici. C’est moi qui souligne, Nina Berberova.
Il y a les Japonais, dont j’oublie les noms. Inoué. Les Japonaises. Chiyo Uno, Confession amoureuse.
…Nous pouvons donc ouvrir des catégories d’écrivain par nationalités.
Ainsi les Américains (des États-Unis): faire différents métiers pendant les années de jeunesse, au moins barman, chauffeur de taxi et journaliste d’une feuille locale, aussi hobo, vagabond, éventuellement se droguer un peu, ou beaucoup, puis devenir écrivain. Sauf Paul Auster qui écrit aux heures de bureau.

Yes.
Il y a les livres qu’on possède, matériellement.
Un exemplaire est à la maison, nous l’avons acheté, volé, reçu, trouvé. Ou sauvé de la voirie à la fin des puces, comme Mémoires d’un Européen de Stefan Zweig ou Max Havelaar d’Eduard Douwes Dekker, dit Multatuli, le roman hollandais qui manque à l’histoire belge.
Il y a les livres qu’on ne possède pas, quoiqu’on les ait lus.
C’est le cas d’au moins la moitié des miens, et je n’en ai aucun regret. Une fois de plus mon intuition se conforte dans la lecture d’un bon auteur. « Le nomadisme répond à un rapport que la possession ne satisfait pas » , Maurice Blanchot. Eh oui.  Dire que nomade est le slogan en novlangue communicante – ça rime avec urticante -, des machines perpétuellement et profitablement connectées.

Putain!
Je commençais à vivre à mon compte, dans la douleur et dans ma famille catholique coincée et courageuse, j’avais seize ans, à peine dix-sept, et je découvrais qu’un prix Nobel de littérature nommé André Gide avait écrit dans ma langue « Familles, je vous hais » . J’ai su que je n’étais pas seul, j’ai su qu’un avenir était permis.
La route serait longue, car pour moi aussi la première phrase de Paul Nizan, Aden-Arabie, « J’avais vingt ans et je ne permettrai à personne de dire que c’est le plus bel âge de la vie » sera vraie à jamais et c’était trois lentes années plus tard.
Je volais les livres que mon père avait achetés au marché noir dans l’Allemagne détruite d’après guerre, je volais leur suc et leur musique, leurs carcasses ne quittant les coffres au grenier que pour un court moment. Lui ne les lirait jamais. Il y avait des gens qui s’appelaient Sartre, Les Chemins de la liberté, Casanova, Mémoires, Brantôme, Les Vies des dames galantes, Gide déjà cité, tout Rabelais, tous à l’ « index » de la religion catholique romaine et de son pape infaillible, interdits de lecture sous peine de damnation éternelle. Puis Pascal, Corneille, Racine, Flaubert, Balzac, Maupassant, Daudet, Mérimée, je ne lisais pas Bernanos, il y avait du monde.

Les écrivains m’ont sauvé la vie, comme le rock a sauvé celle de Wim Wenders.
La vie est un roman.
Je suis un personnage.

Bon. Je devrais me relire, mais on sonne à la porte. C’est peut-être vous.

À tout de suite !

Guy

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Copinage: les projets de Garrett List en décembre – Liège, Ottignies, Bruxelles

[Erratum et drame de l'ignorance,  tant pour ma lettre de diffusion que pour la reproduction ci-dessous de celle de World Citizens Music: les liens ne fonctionnent pas. Vous les trouverez en ligne ici.]

 

Garrett List - Page d’accueil du site de son association World Citizens Music


Bonjour !

Gris dehors, gris dans les temps qui viennent, bleu dedans, éclairs bleus dans l’hiver.
Je transmets ici de quoi réjouir vos âmes mélomanes.

Garrett List est un merveilleux musicien américain, venu du jazz et tromboniste à l’origine, ex professeur au conservatoire de Liège, où Henri Pousseur avait eu le flair et l’intelligence de l’engager. Sa classe d’impro a vu passer en plus de trente ans la plupart des musiciens connus et non connus de la scène créative belge et d’un peu au-delà, et les concerts de fin d’année de son cours ont fait frissonner bien des épidermes, dont le mien.

Garrett List a notamment écrit la musique, plusieurs fois primée à l’étranger, de la pièce Rwanda 94 de Jacques Delcuvellerie, composé une merveilleuse cantate sur des textes de Mahmoud Darwich, et son grand orchestre eurégio actuel, qui réunit des musiciens des régions de Liège, Maastricht et Aix-la-Chappelle, VIVO, est un régal. (« 36 musiciens de grand talent, de nationalité diverses (Belgique, France, Pays-Bas, Pologne, Japon…) et qui ont pour la plupart de 25 à 40 ans »)
J’aime tout ce que j’ai entendu de lui.

Aussi ne puis-je que vous recommander les dates ci-dessous: à deux, à dix, à trente-six, en salle, dans des gares (Liège, Namur, Ottiginies), à midi, l’après-midi, le soir, avec des danseurs comme à Bruxelles, ou sans. Bien du bonheur en perspective.

Les nouveaux talents qui montent depuis quelques années sur la scène musicale liégeoise, Anne Gennen, Emmanuel Louis (vivant désormais à Bruxelles), Aurélie Charneux, participent à ses différents projets.
Emmanuel a l’étoffe d’un futur grand musicien reconnu. Dans le concert Vivo, on a une composition à lui, A treasure, folle et intelligente, incroyable quand on la découvre. Et quand on connaît un peu, avec lui on s’habitue à être surpris. (Ici en vidéo)
Aurélie Charneux, dans le même concert, est l’auteure d’une pièce à la beauté lumineuse, Premier matin, qui, d’après moi, vaut, sans dire du mal des autres !, à elle seule le déplacement. (Ici en mp3)

Et çà, c’est juste ce que j’en sais. Car il y a tout ce que j’ignore, qui est bien plus grand.

Bien à vous tous !

Guy

——– Message original ————————————–
Sujet:     World Citizens Music
Date :     Fri, 30 Nov 2012 15:18:49 +0100
De :     press@garrettlist.com
Pour :     Press WCM <press@garrettlist.com>
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Fin d’année ! La pauvreté ressemble parfois à un complot

 

À lire: cet article de J. K. Galbraith (Harper’s Magazine, 1985), par exemple ici, sur EspacesDialogues.org


Bonjour!

Je fais totalement confiance à Bernadette dans ses combats. Elle est assistante sociale au CPAS de Liège.
Elle représente une espèce rare, celle des idéaux maintenus durant toute une existence contre l’acquiescement… à la banalisation de l’impuissance (vous vous souvenez?), au glacis de la normalisation (vous n’avez jamais succombé?), à l’effacement des difficultés d’autrui (il faut bien s’occuper de sa famille.) Elle se résume sobrement: « Folie ? Sans doute… Mais folie nécessaire. » Je crois qu’elle en a vu et subi assez pour épuiser trois vies, et c’est la première fois que je la vois solliciter une aide financière.

Je transmets donc tel quel son appel ci-dessous, en me contentant de souligner la dernière ligne. Vous déciderez s’il y a de quoi vous indigner. Pour ma part, j’y vois que la pauvreté, qui est une malédiction pour ceux qu’elle atteint, ressemble aussi parfois à un complot mené par d’obtus et obstinés conformistes.

Bientôt Noël. Envoyez une thune!

 

Guy

——– Message original ——–

Sujet: appel à solidarité financière urgente avec une famille
Date: Sat, 24 Nov 2012 04:36:01 +0100
De: bernadette.schaeck AT skynet.be
Bonsoir à tou(te)s,
Certains d’entre vous le savent, d’autres pas, ou à peine. Je vous explique donc, en quelques mots.
Je suis active les dernières années dans la défense des usagers des CPAS. Cela prend différentes formes : mise en place d’un collectif au niveau fédéral (la DAS, association de Défense des Allocataires Sociaux, dont le site n’est pas mis à jour faute de temps et de moyens (http://www.das.babelleir.be); analyse critique des lois et propositions de modifications législatives; actions en vue d’infléchir les pratiques de certains CPAS (exemples : actions devant les CPAS d’Anderlecht et de Schaerbeek), très bientôt j’espère la diffusion d’un cahier de revendications vis-à-vis du CPAS de Liège, et aussi accompagnements individuels.
Les accompagnements individuels vont de la simple information sur les droits, à un accompagnement beaucoup plus important : courrier et démarches diverses envers les CPAS, aide pour introduire un recours devant le Tribunal du Travail ou la Cour du Travail, collaboration avec les avocats pour la préparation de la défense, accords avec des services sociaux pour un suivi vis-à-vis des autres problèmes…
Folie ? Sans doute… Mais folie nécessaire. Parce que les usagers des CPAS sont sans aucune défense (non syndiqués, non organisés). Parce que c’est au travers de défenses individuelles que les pratiques concrètes des CPAS peuvent être mises en lumière.
Bref.
Depuis fin août, j’accompagne Angélique, mère de 4 enfants, à qui le CPAS (de Charleroi, pour ne pas le citer) a retiré le RIS depuis juin, sanctionné pour un an (ça veut dire que même quand elle aurait de nouveau droit au RIS, elle ne percevrait rien pendant un an), décidé de récupérer 4 années de RIS au taux chef de famille (une fortune, pour elle, qu’il faudrait toute une vie ou presque pour la rembourser), et avait refusé jusqu’à récemment un premier loyer et une caution locative (alors que la famille est en danger dans la cité suite à une plainte déposée par la fille ainée pour violences exercées par un voisin). Le CPAS lui refuse également toute aide sociale autre que le RIS, ce qui est illégal.
Enfin, une chose est en train de s’arranger : Angélique a un nouveau logement à Chatelet où elle pourra emménager quand elle aura trouvé les 5 convecteurs nécessaires et pu payer un camion de déménagement (une nouvelle demande d’aide est introduite au CPAS pour couvrir ces frais…)
Tout cela est consécutif à une dénonciation, un PV d’un policier communal, et un rapport de l’auditorat du travail transmis au CPAS (cela va devenir une habitude dans le cadre de la “lutte contre la fraude sociale”). Parole de policier contre parole d’usager = exclusion totale.
J’ai au nom de la DAS, effectué mille et une démarches : courrier aux conseillers, demande d’audition par le Conseil où j’ai accompagné Angélique, contacts avec tous les intervenants sociaux, interpellation des associations sur la place de Charleroi, etc. Le CPAS reste inflexible sauf pour une garantie locative. Un recours est introduit devant le Tribunal du Travail. Dans le meilleur des cas, la procédure durera de 3 à 4 mois.
En attendant, la famille est sans rien. J’ai obtenu récemment une aide unique d’une abbaye (!).
Plus j’interpelle sur la situation de danger dans laquelle la famille se trouve, plus je crains que les services sociaux ne se servent de cela pour placer les enfants (Angélique a eu une visite surprise du SAJ, autrement dit un contrôle non annoncé). Heureusement, l’aide récente de l’abbaye lui avait permis de remplir les frigos, qui ont bien évidemment été inspectés, et lui avait permis de payer le gaz et l’électricité ! Sans quoi…
Aussi longtemps qu’elle n’a pas emménagé sur la nouvelle commune, elle ne peut introduire une demande de revenu d’intégration. Quand elle le pourra, cela prendra au mieux un mois avant qu’elle perçoive une première mensualité.
Ne sachant plus que faire, j’ai lancé la semaine dernière un appel restreint à la solidarité financière avec Angélique. A titre tout-à-fait exceptionnel parce que ce n’est pas notre rôle. Et vu que les choses n’ont pas bougé depuis lors, j’élargis l’appel…  Notre solidarité financière lui permettra de continuer à défendre ses droits.
Merci d’avance pour elle.
Compte BE32 000-3258038-02 ( BIC : BPOTBEB1 ) de DAS Défenses des allocataires sociaux, Bruxelles, communication : Angélique.
bernadette
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Notre-Dame des Landes, un Larzac pour le gouvernement socialiste français ?

Photos Libération, Article11, Rue89, Nouvel Obs

Bonjour!

Cela fait quelque temps que couve ce dossier, qui n’a rien d’un être de papier.

Il s’agit d’un projet de construction d’un nouvel aéroport régional en zone humide, sur les terres agricoles de Notre-Dame-des-Landes, pas loin de Nantes dont l’ancien maire et député socialiste, Jean-Marc Ayrault, l’actuel premier ministre de François Hollande, se fait le promoteur intransigeant. Avec à la clef des expropriations qui déracineront un certain nombre de ruraux, et des atteintes à l’environnement qui n’ont rien de joli.
Et last but not least, avec l’inénarrable Manuel Valls aux commandes de la police nationale, dont j’ai déjà ici annoncé qu’il nous ferait rire jaune.

Ce projet à l’utilité controversée avance. La période électorale a pu laisser croire aux opposants, nombreux à avoir voté pour le président normal, qu’ils seraient entendus, mais la réalité du business as usual a repris.
La résistance multiforme aux expropriations a commencé, des scènes d’affrontement violent ont eu lieu, dans une relative indifférence des médias, favorisée ces derniers jours par la comédie de la guerre de succession à l’UMP.

Photo Zone A Défendre, https://zad.nadir.org

Cependant certains observateurs n’hésitent pas à prédire un nouveau Larzac dans les pattes, ou dans les roulettes, du socialisme de gouvernement.

L’occasion de mon courrier est le dépôt du texte ci-dessous sur le blog de Paul Jorion, encore lui, écrit par un agriculteur qui a des lettres. Une de ses remarques fait mouche: le pouvoir se montre-t-il ferme dans cette affaire pour n’avoir pas su l’être ailleurs ?

J’ajoute des liens pour le suivi de la question.

Bonne lecture!

Guy

 *   *   *

Le réel et le symbolique, à Notre-Dame-des-Landes, par Un agriculteur de Loire-Atlantique

Vendredi 23 novembre 2012

« Ceci ne peut avoir lieu que dans une république déjà corrompue ; dans une république saine, où rien ne donne prise au mal, de pareils projets ne peuvent venir à l’esprit de personne. »
Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live.

Le gouvernement a donc décidé de faire du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes une affaire symbolique, en la traitant avec force et fermeté, de crainte sans doute que celles-ci n’aient pas été assez apparentes en d’autres occurrences récentes.

Voilà que tous les âpres débats théoriques sur l’économie, la relance, l’emploi, la compétitivité, le développement économique, apparaissent pour ce qu’ils sont réellement dans les faits : un conflit sur la forme de rapports humains que nous voulons, et le monde qui en découle.

D’un côté, comme tous ceux qui se sont rendus samedi 17 dernier à Notre-Dame-des-Landes ont pu en témoigner, des chaînes humaines de centaines de personnes, un village sorti de terre en une journée, des rires, des fanfares, des discussions, bref cette fameuse « solidarité » et ce « lien » que nous vantent les brochures institutionnelles en papier glacé, mais sous une forme vivante.

De l’autre, des « décideurs » responsables, déjà habitués à gouverner et à se réunir sous la protection de l’armée et qui ne peuvent plus faire maintenant appliquer leurs décisions responsables au service de l’économie abstraite qu’en faisant intervenir la police. Il faut tout leur aveuglement pour ne pas savoir où nous conduit tous, et à très court terme, cette vision des rapports humains.

La police reprend aujourd’hui ses assauts contre les manifestants, occupants, habitants de Notre-Dame-des-Landes. C’est ici que commence le monde de demain.

 

*  *  *

 

LIENS UTILES

Pour suivre le dossier quand vous y pensez, en une seule adresse: rezo.net

Plus précisément,quelques articles recensés ces derniers jours:

  • blog du collectif de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes
  • « Notre-Dame-des-Landes : La répression à la sauce socialiste » (Nouvel Obs)
  • « Notre-Dame-des-Landes : qui sont les résistants de la zone à défendre ? » (bastamag.net)
  • « Force du droit » 23/11/2012 à 12h57 « Notre-Dame-des-Landes : opération policière ‘juridiquement bancale’ » (Rue89)
  • Sur le terrain: « Notre-Dame-des-Landes : les vandales, c’est pas nous » (ArticleXI)
  • « Notre-Dame-des-Landes : ‘Nous ne laisserons pas un kyste s’organiser’, dit Valls » (Le Monde)
  • « Les squatteurs de Notre-Dame-des-Landes, «un kyste» selon Valls »  (Libération) (Tandis que Noël Mamère se dit accablé et révolté.) 
  • « Ces aéroports qui coûtent cher et ne servent presque à rien » (Bastamag)


 

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Un SDF meurt d’hypothermie à Liège-Guillemins

 

Contrôle policier de personnes buvant une bière sous un platane, marché St-Pholien (photo G.L.)

 


Bonjour!

Une dépêche Belga reprise par Le Soir nous apprend qu’un SDF a été trouvé mort ce matin sur un quai de la gare des Guillemins à Liège. La température était proche de quatre degrés centigrades au-dessus de zéro.

C’est bien !
L’hiver approche, et il est temps que les SDF le sachent: il fait plus froid à la gare des Guillemins que dehors! Elle n’est pas un abri !
Voilà une gare propre en perspective.

Dans une ville où on ne peut plus se coucher sur un banc public en raison de la présence d’un troisième accoudoir au milieu du siège, où il est interdit de boire une bière en rue*, où le règlement de la mendicité a été récemment durci et kafkaïsé, la guerre contre les pauvres  marque un point de plus. Il ne sera pas dit que Liège est une mendi-cité !

…Pardon? Vous dites?
Y a-t-il une guerre contre la pauvreté?
Euh…

G.

* Depuis l’arrêté « Cara Pils » pris pendant les vacances en 2007, il est interdit de boire une boisson alcoolisée en rue à Liège, sauf si on est un ou une étudiante participant à un baptême, sauf aux terrasses des cafés (s’étendant pour la plupart sur l’espace public), sauf à la fête du 15 août, sauf sur la foire, sauf lors des braderies et des parades…, sauf… Bref, en résumé, nous, on peut, et eux, SDF ou Simplement Désargentés Fauchés, ils ne peuvent pas.

_____________________

http://www.lesoir.be/111033/article/actualite/regions/liege/2012-11-01/un-sdf-meurt-d%E2%80%99hypothermie-%C3%A0-li%C3%A8ge-guillemins

Belga
il y a 1 heure

L’homme de 47 ans a été découvert ce matin dans la gare de
Liège. Il est mort de froid.

Liège: Un SDF meurt d’hypothermie à la gare des Guillemins LIEGE
01/11 (BELGA) = Le cadavre d’un homme a été découvert jeudi matin
sur un quai de la gare des Guillemins à Liège. Un médecin-légiste
envoyé sur place a constaté que l’homme, qui avait pris trop de
cocaïne, est mort d’hypothermie. Il s’agit d’un SDF de 47 ans qui
avait déjà été pris d’un malaise vers minuit et qui avait reçu des
soins sur place.

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