Kinshasa à Liège

Dimanche 10 mai 2021

 

C’est une petite place bien à l’ombre dès onze heures du matin, au bord du quai de la Batte, « batte » signifiant déjà « quai », mais en wallon. Ce quai est occupé par un énorme marché le dimanche, dit « marché de la Batte » ou simplement « la Batte », sur quasi un kilomètre le long de la Meuse, dont la zone d’attraction dépasse les cinquante kilomètres vers les Pays-Bas et l’Allemagne, tout en atteignant une bonne partie de la Belgique. Et ce marché est une institution importante au point que le tracé du tram en voie de finition à Liège (ouverture en 2022, travaux partout) fait des acrobaties pour l’éviter le dimanche: les deux voies se séparent, avec une seule sur le quai, et le dimanche les trames se croiseront sur les quelques centaines de mètres esseulées de l’autre voie.

J’y suis allé aujourd’hui, à la Batte du dimanche, vu la réouverture des terrasses hier en Belgique. Première constatation, il y a relativement peu de monde en ville et sur le marché. Il fait vingt-cinq degrés, pour un seul jour, et je me dis que ceux qui ont un plan « jardin » y sont, comme mes voisins.

Les terrasses sont ouvertes, mais pas toutes. J’ai pris un verre et mangé un bout sur cette place, un terre-plein plutôt, à côté des bistrots « Café Matonge Wallon » et « Chez Papi Onassis ». Pour les curieux, dont je fus, on peut y manger de la chèvre. Matonge est le nom d’un quartier très africain à Bruxelles, et très connu, repris de son homonyme de Kinshasa. Mais peut-être a-t-il été à Liège directement importé de la capitale congolaise, qui sait.

La femme en rouge semble être la patronne du Matonge Wallon. Elle danse entre les tables, sous son bandeau aux trois couleurs belges.

Bien sûr, comme toujours à la Batte, les camions de commerçants italiens, débordant de denrées alimentaires et de boissons, sont omniprésents.

Ah! Encore un peu, j’oubliais mon assiette: le plat est belge (tomates aux crevettes grises), comme le bistrot où j’ai trouvé une table vide, et les fraises omniprésentes aussi, comme chez René de Camagna Monferrato et chez Alain de Nandrin:

Je voulais prendre les calmars, délicieux d’après mes voisines, deux Anversoises dont la fille offrait à sa mère et pour la fête éponyme, un week-end à Liège. Il y avait manifestement ça et là des gens qui sortaient leur mère, c’est déjà ça.

Au retour, devant le siège historique de l’université, un objet urbain en faveur de la réouverture des bars:

4 réflexions au sujet de « Kinshasa à Liège »

  • 10 mai 2021 à 19h02
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    Pas besoin d’aller loin pour voyager !

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  • 10 mai 2021 à 11h20
    Permalink

    Une super-escapade en Afrique, sans visa, ni formulaire de flicage ni confinement au retour : bravo !
    Bonne semaine.
    Pierre

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