En 3 minutes: Gérard Filoche et les retraites

Ce qu’il faut, c’est la retraite à 60 ans pour tous, calculée sur les 10 meilleures années, et indexée sur les prix et sur les salaires. La France est un pays riche!

Les pensions françaises, c’est 300 milliards d’euros par an. Dans la déprime financière post-2008, c’est une montagne à saisir pour les premiers de cordée! Ils n’ont pas pousser à l’installation d’un fondé de pouvoir, d’un pion, à la présidence de la république, c’est déjà largement « documenté ». Dans l’illimitation, par définition, on ne s’arrête jamais …de soi-même. La remplaçante du pion, son remplaçant, sont déjà dans la nursery.
À quand le best-seller d’un insider livrant les conversatoins privées entre grands assureurs privés? (Privés de quoi? demande la fille de mon voisin.)

L’ancien inspecteur du travail (français) Gérard Filoche est militant et auteur.
Ici, avec sa faconde habituelle, pour Là-bas si j’y suis, https://la-bas.org/. Le site donne Lire la suite

La cohérence et les tartuferies d’Emmanuel Macron selon Romaric Godin

La Guerre sociale en France – Aux sources économiques de la démocratie autoritaire (éd. La Découverte, 245 pages, 18 euros) est le dernier livre de Romaric Godin, journaliste actuellement chez Mediapart, lequel y consacre un large article (ici en PDF).

Romaric Godin étudie un peu finement la position de Macron, avec sa cohérence et sa « tartuferie », qui repose essentiellement sur des axiomes assumés comme non critiquables. C’est donc par la critique des axiomes, comme pour un paranoïaque et comme pour la « science » économique universitaire dite néo-classique, qu’on peut échapper à sa logique. Par exemple, le mantra macronien « progressisme » consiste à favoriser la possibilité de chacun …de se vendre au mieux sur le marché du travail.
Entre parenthèses, Macron a été co-rédacteur du rapport Attali, ce faiseur de rois campant complètement sur une même ligne du « tout ou rien ».

Macron se dit progressiste.
Quel est donc le progressisme de ce « réformateur » qui a donné le titre « Révolution » à son livre d’entrée en politique?
Voici ce qu’en dit Romaric :

Le progressisme se veut social parce qu’il entend donner à ceux qui ne les ont pas les moyens de venir sur le marché du travail, là où le capitalisme manchestérien ne se souciait pas de la capacité des hommes à se vendre. Il les prenait comme ils étaient, pour ce qu’ils étaient. Ici, le « progressisme » ne cesse de parler d’humain, parce qu’il entend donner à chacun cette capacité à se vendre. Il y a cette idée que l’on peut en permanence améliorer sa compétitivité individuelle et mieux réussir sur le marché. Le libéralisme d’antan laissait l’individu se débrouiller avec ce qu’il avait, le néolibéralisme veut améliorer la capacité marchande de chacun. La compétition n’en est pas moins féroce, et le résultat pas forcément différent.
Cette action se fait, d’abord, par une logique de workfare : l’État doit assurer à chacun des revenus minimum permettant de se présenter sur le marché du travail. Mais il ne peut le faire que si ces revenus sont effectivement utilisés pour aller sur le marché du travail. Autrement, il s’agirait d’une rente. Le soutien contre la pauvreté n’est donc pas un humanisme, c’est un soutien au marché qui est conditionné à la participation de l’individu a ce dernier. Deuxième moyen, la formation et l’éducation, qui doivent assurer la capacité marchande permanente de l’individu sur le marché du travail et permettre une adaptation de l’individu aux demandes du marché. Dernier moyen, la lutte contre les discriminations, qui n’est cependant pas une spécificité de ce « progressisme ». Là encore, il ne s’agit pas d’un quelconque humanisme mais d’une logique de marché : toute discrimination est une rente parce qu’elle favorise un acteur de marché plutôt qu’un autre sur des critères non économiques. Mais c’est souvent une tartuferie car les discriminations, raciales et sexuelles, s’enracinent aussi dans des déterminations économiques. L’illégalité formelle de la discrimination ne dit rien des différences sociales qui, souvent, aggravent les discriminations existantes. Si les personnes d’origine étrangère sont moins bien formées en raison des capacités économiques de départ de leur famille, elles seront toujours proportionnellement moins nombreuses à réussir. Surtout si les protections sociales sont affaiblies et renforcent encore les inégalités sociales de départ. Mais, comme la réussite n’est qu’individuelle, ces circonstances sont largement niées. La lutte contre les discriminations est donc un paravent de la libéralisation. On constate, du reste, que ce « progressisme » n’est largement que de façade, la politique migratoire d’Emmanuel Macron étant très peu ouverte et centrée sur les besoins du marché.
(…)
À noter : le progressisme ne discute pas, ou à la marge, le résultat de la loi du marché, puisqu’il estime que la redistribution est trop forte. Toutes les inégalités issues de la justice du marché sont acceptables. Le travail, produit du marché, est un « vecteur de mobilité sociale et d’émancipation » et ceux qui veulent vivre mieux doivent donc mieux répondre aux demandes du marché. C’est là une responsabilité individuelle. Grâce au marché, le progressisme remplace la redistribution par des droits.

La vision que Macron porte sur les gilets jaunes est complotiste

Affiche de l’association anticommuniste Paix et liberté, 1952. En titre du billet de F. Lordon
Affiche de l’association anticommuniste Paix et liberté, 1952. En titre du billet de F. Lordon

Bonjour!

Il est toujours stimulant et rafraîchissant de consulter le blog de Frédéric Lordon, La pompe à phynances.
Condrozbelge
ne s’en lasse pas.

Voici son billet du 2 février 2019: « Le complotiste de l’Élysée » .
Au sommaire: Lire la suite

Lettre de Pia Kemp à Anne Hidalgo

FILE PHOTO: Migrants react as they rest on board the Sea Watch 3 off the coast of Siracusa, Italy, January 27, 2019. REUTERS/Guglielmo Mangiapane/File Photo

Bonjour!

Pia Kemp est la capitaine allemande du navire humanitaire Sea Watch 3, qui recueille des migrants en Méditerranée. Elle est poursuivie par la justice italienne pour cette raison, après avoir débarqué dans un port de la péninsule, contre l’interdiction des autorités.

Anne Hidalgo est maire de Paris, sous l’étiquette du parti socialiste. Elle vient de décerner la médaille Grand Vermeil, plus haute distinction de la Ville, à Pia Kemp, qui la refuse ce 20 août en ces termes: Lire la suite

Génocide au Rwanda, rappel des faits

Charnier de 1994 découvert en 2018 – Time Magazine, photo gettyimages-594372776

À l’occasion du décès de Pierre Péan, journaliste d’investigation controversé, le site Les mots sont importants (lmsi.net), donne quatre articles sur Noires fureurs blancs menteurs, le livre que Péan consacra au génocide (qu’il nie) au Rwanda: Lire la suite

RIC et RAC

 

Bonjour!

Ci-dessus une vidéo de 3 minutes 49 par Dimitri Courant, doctorant en science politique à l’Université de Lausanne et de Paris 8. On y voit de pauvres, pauvres gens, dire de grosses bêtises pour faire peur aux gens pauvres. On y voit le pauvre Jean-Claude Carrière! Lire la suite

Fin de mois, fin du monde, Murray Bookchin

Bonjour!

Ceci est une réponse à Paul Jorion sur son blog que je suis depuis 2007. Deux questions y son abordées. Un pays seul peut-il agir? Et surtout, quel lien faire en « fin du mois » et « fin du monde »?

Cher Paul,

Il y a beaucoup de choses dans votre billet, et j’ai deux observations.

D’abord, je m’inscris totalement en faux qu’un pays, aussi petit soit-il, ne peut prendre des mesures seul. Lire la suite

Arriération en Région wallonne, ou TEC gratuits? Deux exemples français

Photo Reporterre.net

Bonjour!

Un énième PUM, Plan urbain de mobilité, a été finalisé par des sociétés de conseil privées grandes habituées des contrats avec la Région wallonne, pour l’agglomération liégeoise, fin 2018, et cette année les pouvoirs municipaux l’ont avalisé. Ce sont quelques milliards engagés pour cinq ans, alors que, comme chacun peut le constater, la mobilité à Liège est pire que jamais. Le PUM, ça ne roule pas, ça ne court pas, ça ne marche pas.

(Petite anecdote: la présentation de ce « plan » commençait par une perspective dramatique et dramatisée de la croissance attendue du trafic des camions dans et autour de Liège, une croissance double de celle du trafic des automobiles. Mais le PUM ne traite pas des camions, au point que j’ai pu demander si ce plan signifiait « Touche pas à mon camion« , et sans compter que depuis lors l’implantation du chinois Alibaba à l’aéroport de Bierset vient de s’ajouter au tableau.)

Or il y a conceptuellement une façon très simple de financer la gratuité des TEC, Lire la suite

Brice Le Gall, un sociologue photographie les gilets jaunes

 

 

« Élodie rejoint les gilets jaunes pour le réveillon du jour de l’an avec sa petite fille.Trente-cinq ans, d’origine polonaise, elle est séparée et élève seule ses trois enfants ainsi que sa nièce de seize ans dans un HLM de la région. Ses journées sont longues : à côté de son travail dans une entreprise de logistique, sa vie est entièrement rythmée par sa vie familiale : ‘Levée à cinq heures pour gérer ma maison et couchée après vingt-trois heures, une fois tout préparé pour le lendemain, ainsi de suite‘. L’accent mis sur l’importance de la ‘famille‘ dans les discours des gilets jaunes contribue à souder le groupe. Il renvoie aussi à la place centrale qu’elle occupe en milieu populaire, notamment à sa fonction de ‘revalorisation symbolique‘. Avoir des sources d’épanouissement en dehors du cercle familial demanderait du temps disponible, de l’argent, et plus généralement des dispositions en affinité avec l’offre locale de loisir – lorsque celle-ci existe encore. »

 

Bonjour!

C’est sur l’intéressant site visiocarte.net. Brice Le Gall est sociologue, il photographie les gilets jaunes et il explique comment il fait ça.
Sans commentaires: chacun se fera les siens ! Lire la suite