Incidence de la réforme des allocations de chômage sur les finances fédérales

Ce texte vient en complément du billet
Arizona et le chômage : un gouvernement fédéral qui fédère quoi ? 

 

Bonjour,

 

S’agissant de la fin des allocations de chômage à deux ans maximum, une question écrite a été posée le 26 mai 2025 par la tenace et combative députée de l’opposition Sarah Schlitz, au ministre de l’emploi, de l’économie et de l’agriculture, le libéral David Clarinval : « Quelles économies espérez-vous engranger? »
Engranger est une parole d’écologiste certes, cependant Sarah Schlitz semble savoir, et appliquer, que « l’écologie sans lutte de classes, c’est du jardinage ».

Éléments de langage
Le ministre commence sa réponse par « La limitation du chômage dans le temps est avant tout une mesure d’activation. » Et poursuit par « Mais la situation particulièrement précaire des finances publiques belges nécessite en effet des mesures profondes afin de garantir durablement la viabilité financière de notre sécurité sociale. »

Le premier élément laisse pantois. Il nous avait échappé que les libéraux plaçaient d’autres impératifs avant le pécuniaire, celui-ci euphémisé de façon peu convaincante par des variations entre les alertes à la « compétitivité » et les alarmes au « handicap salarial », et que leur éternelle chasse aux pauvres avait d’autres soucis que de garantir les richesses de ceux qui en disposent1.
La suite est conforme et attendue: il s’agit bien de réduire le budget de l’État.
L’élément de langage désormais caractéristique de la coalition Arizona est répété, derrière son chef de file, qui a déclaré avoir « sauvé l’État-providence » lors de la conclusion de son accord budgétaire, non sans avoir au préalable affirmé devant une assemblée d’étudiants que « l’État-providence tel que nous le connaissons pourrait bien disparaître ‘de notre vivant’. » Les mêmes qui durcissent et restreignent les conditions d’accès aux droits de l’État social (chômage, pension, cotisations sociales des plus hauts revenus…), s’en présentent comme les sauveurs.

Passer d’un système assurantiel à un système assistantiel, une amputation
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  1. Voir « L’art d’ignorer les pauvres » de John Kenneth Galbraith, un survol de deux mille ans en deux pages A4.[]

Sylvie Laurent, historienne et américaniste aux propos « clairement à gauche »

La Contre-révolution californienne, mai 2025.
9 mai 2025, 72 pp. Poche 5,50 €, epub 3,99€.

 

Bonjour !

Ce n’est pas tous les jours que l’on découvre une chercheuse ou un chercheur qui renouvelle notre horizon.

Si vous avez une fibre petite ou grande d’anti-impérialisme, de féminisme, d’anticolonialisme, de marxisme, d’anarchisme ou d’antifascisme, si l’extractivisme, le croissantisme ou le patriarcat vous font problème, voyez cette historienne et américaniste française, Sylvie Laurent, à qui hors-serie.net ouvre la porte pour un bel entretien.

Observatrice des États-Unis, elle démonte une série d’idées reçues et bien implantées, ce qui est toujours un régal pour la conscience des humains non augmentés. Lire la suite

Arizona et le chômage : un gouvernement fédéral qui fédère quoi ?

(Texte écrit pour le blog d’Attac Liège)

Bonjour!

Titres
Effets de la réforme
Les buts avoués et non avoués de cette réforme
Le taux d’emploi
Le taux d’activité – et l’IWEPS
Le Collectif Solidarité Contre l’Exclusion
La « fin de l’assistanat » est le prétendu guide de la décision politique (Christine Mahy)
Les aides publiques versées aux entreprises lucratives en Belgique
Les emplois vacants en Wallonie
En guise de conclusion

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Étienne Balibar : L’impérialisme et la guerre à l’heure du capitalisme absolu (notes de lecture)

Barbarie-civilisation, René Georges Hermann-Paul, 1899
Barbarie-civilisation, René Georges Hermann-Paul, 1899

 

Bonjour!

 

Étienne Balibar est un philosophe marxiste ou néo-marxiste né en 1942, très lu après mai 68 pour sa co-écriture, avec Louis Althusser, Pierre Macherey, Jacques Rancière et Roger Establet, de Lire le Capital (1965). Il a depuis lors écrit nombre d’ouvrages et articles.
Son texte récent, « Géométries de l’impérialisme au XXIe siècle (1/2) », paru dans aoc.media, montre qu’à 82 ans, il est toujours agile intellectuellement et productif, très stimulant.
Pour l’anecdote, il est le père de l’actrice Jeanne Balibar.

Voici des extraits utiles proposés en guise de résumé, qui certes n’est pas court (c’est selon), mais (ne) représente (qu’)un tiers du texte original :

L’impérialisme et la guerre

l’empire en tant que forme politique possède un lien institutionnel avec la guerre et avec la fonction politique qu’elle remplit. Je l’exprimerai en forgeant un axiome « romain » qui vaut toujours à l’époque moderne : les empires sont toujours en train de faire la guerre à leurs « frontières » (qu’ils déplacent sans cesse) pour créer l’espace du commerce, de la législation et de la culture, autrement dit de la « paix », mais l’inverse est vrai aussi : ils font la paix et en élaborent les institutions pour pouvoir préparer et faire la guerre. Lire la suite

Livres de saison à (s’)offrir

En voici quat’, et pour les courageux un autre tout en bas de cette page…

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Bonjour!

 

L’édition se porte bien, ce qui montre qu’il y a un lectorat! (Même si une étude vient de révéler que les algorithmes d’Amazon sur-représentent et sur-proposent les livres obscurantistes à son public démesuré. Mais accroche-toi, Jeff Bezos, car chaque semaine, au moins un livre explosif apparaît, rien qu’en français. — Et n’oubliez pas de boycottez Amazon !)

Et ainsi, le temps d’écrire ce billet, je découvre L’Hypothèse K: La science face à la catastrophe écologique, de l’inestimable Aurélien Barrau. 224 pages, 18 euros, on peut lire en ligne les premières pages. Lire la suite

Essayez Éric Vuillard

 

Bonjour !

 

Il faut lire Éric Vuillard. Pour moi, je l’ai déjà écrit, un auteur que l’on aime, est un auteur dans la lecture duquel on abandonne ses réserves, formes attentistes et raisonnables de l’esprit critique.

Je l’ai découvert il y a quelques semaines, et dans une frénésie de lectures j’en suis à mon quatrième de ses livres, deux attendant d’être parcourus sur ma table.

Il a surtout écrit des récits, historiques et érudits, cinglants et détendus, comme Congo, celui de Léopold Deux, Tristesse de la terre, une histoire « à l’endroit » de Buffalo Bill, dont le vrai premier personnage sont les habitants, dits premiers justement, de l’Amérique du Nord, qu’on a appelés Indiens, La guerre des pauvres, Lire la suite

Salik entre Grès de Bouffioux et Le balai libéré, autogestions en Belgique

Émission L’Histoire continue, Radio-Première, du 25 juillet, 46 minutes.
Extraits du texte de présentation:

Salik est un cas emblématique d’une vague d’expériences autogestionnaires en Belgique. Dès 1973 le Grès de Bouffioux à Charleroi, le Val Saint Lambert en 1975, les poêleries Somy, les capsuleries de Chaudfontaine, les textiles Daphica à Tournai, les sablières de Wauthier-Braine, Le Balai libéré*** à Louvain-La-Neuve.

(*** Contenu Trois étoiles.)

C’est dans la série de l’été: Lire la suite