Lendemain d’élections en Turquie: un rappel

Un spectre hante Recep Tayyip Erdoğan, le président turc en exercice.

C’est le Kurdistan de tous pays, turc, irakien, syrien, iranien.
Car en effet le Kurdistan n’existe que dans les rêves de quarante-cinq millions de Kurdes, répartis principalement dans ces quatre pays, et dans une large diaspora au Moyen-Orient et dans le monde. L’autocrate d’Ankara en fait son cauchemar, vous voyez le genre de ce type, sympa et soucieux d’un avenir désirable pour tous.

Recep Tayyip Erdoğan livre aux Kurdes une guerre féroce dans son propre pays, que la presse mondiale passe sous un quasi silence, et les démocraties libérales, qui n’en sont pas à une hypocrisie près, attribuent au principal parti kurde de Turquie la qualité de « terroriste » , comme elles le faisaient sans modération pour les mouvements de libération aux temps lointains de la décolonisation. À plus d’une reprise et toujours dans son obsession anti-kurde, Recep Tayyip Erdoğan n’a pas hésité à envoyer son armée en Syrie, l’Otan dont la Turquie est membre faisant patte de velours à ce phare de l’humanité.

La photo ci-dessus est floutée par mes soins et par le drapeau non officiel du Kurdistan irakien, qui à la faveur de la destruction de l’Irak, autre haut fait de l’Occident, dispose depuis quelques années d’une certaine autonomie. Le soleil à 21 branches, nous dit Wikipedia, est présent dans plusieurs drapeaux kurdes.

 

Un but de ce billet est aussi de vous en rappeler un autre, déposé sur Condroz belge le 8 août 2016. Il fait écho à la sinistre et manipulatoire logomachie du patron turco-turc. N’ayant pas un mot à en retirer, je vous invite à le lire ou à le relire:

Sophie a aujourd’hui cinquante ans, comme Mai 68

 

Pour Sophie, contractuelle depuis près de vingt ans dans l’Éducation nationale payée au Smic, ça ne fait aucun doute : « Macron veut nous faire la peau. Il s’attaque à tout le monde, les étudiants, les cheminots, les fonctionnaires, les retraités, les chômeurs, pendant que le CAC 40 engrange encore plus de bénéfices. » Elle ajoute : « Je vais avoir 50 ans le 25 mars. Je suis née trois jours après le début de Mai 68. J’espère que le mouvement va prendre. Il le faut absolument. »

Mediapart 23 mars 2018, reportage à la manifestation de la veille contre la réforme de la Sncf et la dégradation des services publics.

 

*    *    *

Note: le mouvement français dit « mai 68 » a en effet commencé le 22 mars, mais uniquement pour sa moitié étudiante. Cet événement a aussi été un vaste mouvement ouvrier et salarié, un des plus massifs du XXème siècle. Qui en parle?

Alain Finkielkraut, pauvre Blanc de la culture selon Pierre Bourdieu

Pierre Bourdieu

« Le problème que je pose en permanence est celui de savoir comment faire entrer dans le débat public cette communauté de savants qui a des choses à dire sur la question arabe, sur les banlieues, le foulard islamique… Car qui parle dans les médias ? Ce sont des sous-philosophes qui ont pour toute compétence de vagues lectures, de vagues textes, des gens comme Alain Finkielkraut. J’appelle ça les pauvres Blancs de la culture. Ce sont des demi-savants pas très cultivés qui se font les défenseurs d’une culture qu’ils n’ont pas, pour marquer la différence d’avec ceux qui l’ont encore moins qu’eux. »
(Entretien dans L’Hebdo, 14 novembre 1991) » Lire la suite

Jean-Pierre, 42 ans – L’hypocrisie sinistre de l’aide sociale en Belgique

D’après une photo de Revelli Beaumont, Sipa

 

Bonjour!

 

L’État social belge dit ne laisser personne au bord du chemin. Tout résident sur le territoire a droit à une aide inconditionnelle pour sa subsistance, s’il échappe à toute autre allocation.
Typiquement, l’époque a voulu renommer l’ancienne assistance publique en aide sociale, et le minimum de moyens d’existence, ou minimex, est devenu un revenu ‘d’insertion’. Changer le nom est devenu un poncif de l’action managériale, publique comme privée. Un mantra. Vous connaissez le nom de votre distributeur d’électricité?
Ici, le petit problème est que les personnes sans domicile échappent à ce minimum absolu. Vous comprenez, si elles n’ont pas de domicile, comment établir leur dossier, où les contacter, où leur remettre quelques picaillons? L’obstacle est insurmontable pour l’administration et la puissance publique 2.0 du marché total du XXIème siècle.
Il s’agit bien de puissance… L’État social ne laisse personne sur le bord de la route – sauf ceux qui n’ont pas de domicile. C’est aussi grotesque qu’irréel. Je crois rêver.

Mais je suis bien éveillé.
Nous sommes samedi. On sonne à ma porte vers quatorze heures.
Un homme me demande un peu d’argent « pour son pétrole ». Lire la suite

Fête à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

 

 

Bonjour !

Vous savez que l’équipe Macron a jugé bon de se séparer de ce dossier pourri du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le projet est abandonné.

Voici la vidéo que Reporterre a consacrée à la fête des opposants.
« Enjoy! », comme dit Jacques.

Guy

Voeux pour 2018 – Exercice de transposition

Pierre Lemaitre © Maxppp / Alejandro García/(EPA) EFE/Newscom

 

Bonjour!

Jean Renoir faisait chanter:
« les escaliers de la Butte
sont durs aux miséreux
 » ,
et aujourd’hui, la période me paraît bien dure …aux voeux.
Je n’arrive pas à livrer des voeux publics et généraux pour 2018.

Je reste à l’arrêt face à la réflexion, certes franco-française, de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013 pour son roman Au revoir là-haut. Il adresse, dans l’émission Boomerang de France-Inter, ses voeux pour 2018 …aux riches:

 

Cela se transpose-t-il en Belgique ou ailleurs?

 

 

 

La perfection du capitalisme


 

Bonjour!

La perfection du capitalisme tient en une phrase:
« Près d’un tiers de la croissance mondiale est captée par le 1 % le plus riche. »
Oui. À quoi sert le capitalisme? À ça!

La parution, jeudi 14 décembre, du premier rapport sur les inégalités mondiales, fruit du travail d’une centaine d’économistes de tous pays, réunis au sein de la World Wealth and Income Database (WID.world), jette une lumière crue sur l’un des thèmes socio-économiques et politiques majeurs de ce début de siècle.
(…)
Le phénomène, s’il est désormais bien documenté dans les pays développés, l’est assez peu dans les émergents. Certains d’entre eux ont été incontestablement les grands gagnants de deux décennies d’ouverture des marchés. Mais on sait peu de chose des écarts de revenus et de patrimoine de leurs populations.
Le mérite du travail présenté aujourd’hui est de s’atteler à cette tâche. Pour l’instant, les seules informations dont on disposait étaient les enquêtes déclaratives auprès des ménages menées par les grandes institutions comme la Banque mondiale, les Nations unies (ONU) ou l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le travail de fourmi des chercheurs du WID, coordonné par Facundo Alvaredo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, a consisté à compléter ces informations avec celles du fisc et avec les comptabilités nationales, ce qui n’avait jamais été fait auparavant.

(Sur le site du Monde ou ici.)

 

Guy