Ada Colau est est tête de liste d’une vaste coalition (« gauchiste », comme dit un journaliste), Barcelona en Comú.
Mes amis libertaires sont aux anges, des écolos, des post-cocos, des indignés, et des tas d’autres, aussi.
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Sens de la vie
« Burnoutte », de l’anglo-américain burn-out, subst. masc., lecture provisoire

L’expression « burn-out » a tout du langage des motoristes et des artificiers. Elle indique l’épuisement complet du carburant. La fusée ou le pétard ont fait long feu.
Voilà un premier point.
Cet anglicisme recouvre un état proche de la notion psychologique plus ancienne de « décompensation » : épuisement, perte de repères, perte même du sens de l’identité. Pendant quelques jours le burn‑outé ou la burn‑outée ne savent plus vraiment qui ils sont.
Or voici que le burn-out a cessé d’être rare ou anglophone. Abandonnons les guillemets et les italiques, car chacun connaît désormais, et dans sa langue !, un cas de burn-out ou deux, rien n’indiquant la fin prochaine de cette extension du domaine de la chute.
Comme je suis fier de parler l’idiome dans lequel je suis tombé à la naissance, ce qui ne me donne aucun droit et n’a rien à voir avec la raison d’état, qu’elle soit de Hollanboma ou de Merkeloutine, comme je suis fier que 20.000 personnes au monde parlent le routoul…
J’écris ton nom, burnoutte.
Le burnoutte.
Essayons une lecture provisoire.
Le burnoutte résulterait de deux réalités.
D’abord, il y la pression sur les travailleurs de tout niveau.
Par leur mise en concurrence, par les modes d’évaluation permanente et chiffrée, le ranking, par la modélisation des objectifs et des performances, par la normalisation des « compétences » qui exclut toute notion de savoir ou de savoir-faire (exclusion merveilleuse aussi dans le domaine des formations). Il y a tout ce processus, devenu omniprésent dans le monde du travail salarié, qu’Alain Supiot dissèque magistralement dans son livre L’esprit de Philadelphie.
Supiot nous dit que nous sommes passés du gouvernement par des lois à l’administration des choses. Les salariés de tout niveau sont traités comme des choses (et pas dans leur seule dimension de salariés !), et nous en sommes arrivés au « marché total » (d’autres parlent de la « marchandisation » de tous les aspects de la vie humaine et naturelle), dont le germe éclot d’après lui dès la campagne de Verdun. Du droit, il a une conception idéaliste et irénique (« qui croit en la paix universelle » ) qui me laisse sur ma faim, mais son analyse de l’évolution de la législation et des relations du travail me paraît tenir du scalpel autant que de l’orfèvrerie.
Deuxièmement.
Pour que les salariés en arrivent au burnoutte, qui signifie que l’effort porté contre soi-même a dépassé une limite très haute de dangerosité, il faut aussi que les enrichisseurs d’employeurs estiment ne pas pouvoir se soustraire à l’exigence qui leur est faite. Lire la suite
Abdullah bin Abdul Aziz Al Saud est mort, qu’aussi longue soit la vie de Raif Badawi !
(ou vous l’avez été?
vous avez été quelqu’un ou quelque chose
du côté de, en solidarité avec, …)
Bouli Lanners et le chômage: « Si c’est la guerre, j’irai au front »

Bonjour!
2015.
32.000 personnes perdent leur allocation de chômage le premier janvier. Soit elles vont relever de l’aide sociale, soit elles devront, si elles cohabitent, se débrouiller avec le seul salaire du ou de la cohabitant-e.
Il est évident que ces gens ont commis des actes qui méritent une punition !
Il paraît que les premiers de classe qui nous gouvernent savent que cette mesure est un gage de jours meilleurs pour tous. Moi, pauvre idiot, qui suis un premier de classe défroqué, je ne les crois pas!
– Euh, vous dites?
– …
– Que la « droite complexée », comme Frédéric Lordon appelle le PS, était au pouvoir quand la mesure a été prise? Lire la suite
Meilleurs vœux pour 2015
Bonjour !
Samedi 20 décembre.
*
Je suis descendu à pied en ville, au milieu de l’après-midi. Descendre est le mot juste, puisque je vis à l’altitude 147, et les quais sur Meuse à Liège sont à 65. En un quart d’heure je suis au centre.
Il y a plusieurs centres à Liège, disent les dépliants de l’office du tourisme. Lire la suite
C’est ainsi que ça finira !

Dans la presse libre du monde libre: (lien)
Ebola: un retard dans le diagnostic du patient du Texas fait craindre d’autres cas
(…)
« Ce patient a dit à l’infirmière chargée d’établir la fiche d’informations avoir récemment voyagé en Afrique » lors de sa première visite à l’hôpital, a affirmé mercredi le Dr Mark Lester, directeur général de Texas Health Resources lors d’une conférence de presse.
« Malheureusement cette information n’a pas été transmise à toute l’équipe soignante et n’a pas pu être prise en compte dans leur décision clinique », a-t-il ajouté.
Le patient a donc été renvoyé chez lui le jour même après avec un diagnostic d' »infection virale bénigne ». Lire la suite
La publicité mensongère des fabricants de robots
« Dans la cité mondiale du futur,
société totalement automatisée,
le besoin de travailler est remplacé par une vie nomade de jeu créatif,
retour moderne au jardin d’Eden.
L’ « homo ludens »
que sera l’homme libéré du travail
ne devra pas s’adonner à une pratique artistique
car il sera créatif dans sa vie quotidienne.«
Tel est le texte sur lequel se termine la vidéo promotionnelle d’un projet de robot-barman. On peut la voir et en lire plus sur cette page: http://www.makrshakr.com/.
Un tueur dans le ciel

(En PDF)
deux beaux avions modernes
dans le ciel
de la balance commerciale
deux beaux avions de la croissance
et de la connaissance
dans le ciel
toujours bleu
du Croissant qui fut fertile
deux beaux avions de l’emploi
avec à bord
un seul homme
deux moteurs
des bombes
des bombes Lire la suite
La « réalité augmentée » est une réalité appauvrie. La preuve par Google Glass
Toutes les têtes qui sont bien sur leurs épaules savent ça.
Et tous les cerveaux en bon état de fonctionnement aiment l’entendre dire avec intelligence, précision, culture, comme le fait Christian Salmon dans son blog, avec ce bel article, « L’illumination implacable de la présence constante d’autrui sur la scène publique… » – titre emprunté à Hannah Arendt -, dont voici deux extraits:
[Ces lunettes] « prétendent supprimer la part d’ombre du réel, le mystère du visible, l’espace inconnaissable entre les êtres, l’expérience de l’altérité. « Supprimer l’éloignement tue » écrivait le poète René Char. Google Glass se présente comme un dispositif de vision « augmentée », mais paradoxalement il réduit le champ de ce qui est observé en prétendant l’expliquer en totalité. »
« Ce n’est pas la vision totale qui porte le danger totalitaire mais l’abolition de l’expérience du monde sous une avalanche des données. (…) La relation à l’environnement devient confuse, elle tourne à l’indistinction entre les perceptions et les informations, le vrai et le faux, le réel et le virtuel. »
Daniel Mermet veut relancer « Là-bas si j’y suis » sur Internet en janvier 2015

Bonjour!
Si vous ne connaissez pas Daniel Mermet, vous avez bien de la chance, parce que vous allez avoir bien du plaisir et d’intérêt à le découvrir.
Et si vous le connaissez, vous serez heureux d’apprendre qu’il ne va pas disparaître du monde de l’information.
Je dis « Daniel Mermet », mais je parle bien sûr de son émission quotidienne sur France-Inter, « Là-bas si j’y suis ».
Je l’ai découverte il y a quelques années, quand elle passait de 17 à 18 heures, moment où je cuisinais pour ma petite famille, vu que moi, j’aime écouter la radio en cuisinant. Le jour où elle m’est tombée dessus, je ne l’ai plus quittée. Car Daniel Mermet parle aussi bien d’amour que de politique, de riches que de pauvres, de la subjectivité que de la grande Histoire, et son sens rigolard de la solidarité, de l’humanité, ne cesse de ruisseler sur ses reportages, aussi cruelle et révoltante que soit parfois leur matière.
Une fois par mois, il accueille l’équipe du Monde Diplomatique, et presque chaque jour le répondeur de son émission figure comme invité des premières minutes, et quelquefois pour toute l’émission. Ah, le répondeur de « Là-bas si j’y suis »! C’est toute une France d’en bas et des luttes qui s’exprime, une France qu’on entend presque nulle part sur les ondes.
C’est une émission-brûlot incroyable, qui n’existe pas en Belgique et peut-être dans aucun autre pays européen. Et sur une chaîne publique! N’est-ce pas merveilleux? Lire la suite


