J’ai mis trente ans, après quatre années d’économie à l’université et un questionnement incessant, à me faire une réponse à cette question: pourquoi aucun pays riche n’assure-t-il un logement de qualité à prix abordable à toute sa population?
La réponse tient en une phrase: le logement n’est pas du logement, mais une spéculation. Lire la suite
C’est une petite place bien à l’ombre dès onze heures du matin, au bord du quai de la Batte, « batte » signifiant déjà « quai », mais en wallon. Ce quai est occupé par un énorme marché le dimanche, dit « marché de la Batte » ou simplement « la Batte », sur quasi un kilomètre le long de la Meuse, dont la zone d’attraction dépasse les cinquante kilomètres vers les Pays-Bas et l’Allemagne, tout en atteignant une bonne partie de la Belgique. Et ce marché est une institution importante au point que le tracé du tram en voie de finition à Liège (ouverture en 2022 ((Ajout en octobre 2023: le tram roulera peut-être fin 2024)), travaux partout) fera des acrobaties pour l’éviter le dimanche: les deux voies se séparent, avec une seule sur le quai, fermée le dimanche, quand pour cause de marché les trames se croiseront sur les quelques centaines de mètres esseulées de l’autre voie.
J’y suis allé aujourd’hui, à la Batte du dimanche, vu la réouverture des terrasses hier en Belgique. Lire la suite
J’ai déjà mentionné ces deux logiques de protection par la vaccination: la logique de santé publique, opportuniste car tributaire des approvisionnements voire des erreurs et impréparations, et la logique de protection individuelle, où chacun souhaite son « meilleur » vaccin, ce que vise aussi, en tout respect du serment d’Hippocrate, la médecine de terrain.
Voici que ces deux logiques s’opposent sur la place publique en Belgique. Sans doute est-il significatif que l’article du Soir du 27 avril, qui relève cette discordance, soit à la limite de l’obscurité, s’agissant de ne pas cultiver la peur, ou de ménager la chèvre et le chou. (En ligne ici ou en PDF là.)
La France vient d’interdire les vols vers, ou depuis, le Brésil.
Pourquoi?
Parce que le variant brésilien P1 fait un massacre dans son pays d’origine et touche beaucoup de gens entre 20 et 40 ans, après le surgissement il y a quelques mois, à Manaus d’abord, d’un variant « efficace », c’est à dire plus contagieux, car le variant qui s’impose est tout simplement le plus contagieux, tandis que les variants, c’est la vie normale des virus. Supposons donc que le variant brésilien dit P1, qui vient par ailleurs d’être identifié en Colombie britannique dans l’est du Canada, est le même ou le cousin de celui de Manaus. En fait, « variant P1 » est un label approximatif : « ce sont plusieurs dizaines de variants, qui contaminent aujourd’hui au Brésil des malades de plus en plus jeunes » .
Le pouvoir français est un des extrêmes de ces gouvernements qui prennent des mesures trop tard, quand il n’est plus possible d’ignorer une évolution qui était éventuelle, probable, ou évidente. Je me propose d’adopter une grille de lecture, « Le coup de sonnette d’après » , pour subodorer, ou inférer, une information non divulguée mais qui ne peut laisser sans réponse. Lire la suite
Jean-Jacques Jespers est un journaliste qui a fait ses preuves, enseignant à l’ULB (Bruxelles), tenant aujourd’hui la chronique « Le journal des bonnes nouvelles » dans l’émission d’humour « C’est presque sérieux » de Radio Première, radio belge de service public.
C’est là qu’il vient de donner, ce 26 février, le premier chapitre de ce qu’il annonce comme sa (future) célèbre conférence, consacré en trois minutes à la saga des masques en Belle Gique (expression célèbre en Flandre et en flamand aussi.)
Je ne vais pas « spoiler » votre écoute, vous jugerez par vous-mêmes.
« La Défense » et le gouvernement Michel II sont au premier rang, et Condroz belge ne peut que marquer son accord à la conclusion, une prédiction sur tout ce à quoi l’on peut s’attendre dans le business as usual de ce pays.
Lauréat 2015 du meilleur boudin blanc de Liège de l’année 2015 (lavenir.net)
Bonjour!
Nous lisons dans lecho.be, journal belge des amis de la Bourse :
Cela faisait deux ans que les charcutiers liégeois l’attendaient: la demande d’enregistrement du boudin blanc de Liège comme IGP a été transmise à l’Europe.
« Absurdistan autoritaire », a titré le quotidien allemand Die Zeit à propos de la gestion française de la covid-19
Bonjour!
Condroz belge a pleinement découvert un nouveau mot en 2020.
Depuis qu’il est petit, le taulier de Condroz belge adore les mots et les nouveaux mots, et à toutes périodes de sa vie il a fréquenté et fréquente les dictionnaires, ce qui ne semble pas devoir changer avec l’arthrose des pouces et autres cadeaux de son âge qui avance, avance, avance. Seuls les distraits pensent que le dictionnaire est une aide pour les adolescents, et qu’une fois adulte, formé et déformé, le citoyen normalement négligeant, pardon, intelligent, cesse de parcourir des dictionnaires. Car les distraits ignorent que les plus grands écrivains et linguistes comme les baratineurs de tous poil et plume ne peuvent vivre sans les dicos.
Parenthèse. Comme en toutes choses, le mérite n’a rien à y faire. Dans le cas de notre taulier, il y avait dans sa prime enfance un domaine et un seul, où son père ignorait la fatigue et répondait toujours présent, celui des questions inévitables de l’enfant, « Papa, ça veut dire quoi … ? » Que fait en cette circonstances un fils manqué face à son père manquant? Lire la suite
François Gemenne a cosigné avec Olivier Servais, anthropologue à l’UCLouvain, une tribune intitulée « Crise de la Covid-19: la tyrannie du risque zéro », publiée par lesoir.be le 15 août 2020, dans une série mise en ligne gratuitement par le journal, mais que je donne néanmoins ici en PDF.
Cette tribune centrée sur le risque zéro laboure et prend pour titre un poncif d’ordinaire réservé aux gouvernants pour excuser les limites de leurs actions, placé le plus généralement sous la forme du truisme « Il n’y a pas de risque zéro », très répandu aussi dans le monde des affaires. C’est vraiment une formulation de communicants!, et il n’y a pas jusque là de quoi casser trois pattes à un canard.
Notre époque est envahie par la statistique. Les événements prévisibles ne sont plus certains: ils sont probables à 99,… %. Ainsi parle désormais la science, comme le GIEC n’a cessé de le faire en toutes rigueur et honnêteté, trop longtemps sans doute, jusqu’à ce que l’effroi dans ses rangs ait fait sortir les scientifiques de leur réserve probabiliste.
Grande nouvelle donc, « Il n’y a pas de risque zéro » : une phrase en principe plus taillée sur mesure pour Maggie De Block ou les bateleurs de la politique spectacle que pour des universitaires es qualités. Mais allez savoir. Lire la suite
« Le Medef [association des toutes grandes entreprises françaises] exhorte le gouvernement à éviter « l’écroulement » économique que susciterait un nouveau confinement. Céder aux sirènes des patrons qui pensent que cette économie se limite à leur chiffre d’affaires est l’assurance de perdre sur tous les tableaux à court et à long terme, sur le plan sanitaire comme économique ».
La FEB fait pareil en Belgique. Et Medef ou FEB existent en tous pays. C’est la classe des grands patrons, oligarques, financiers, ultra-riches… Mais moins traiter l’épidémie aggrave la situation de l’économie.
Pour le constat, tout est dit dans cette courte vidéo, et c’est sans appel. Lit, hôpitaux, encadrement infirmier, tout existait en suffisance jusqu’en l’an 2000.
Il reste à identifier les dynamiques de fond, systémiques, qui sous-tendent cette impéritie… (Mon diable me souffle: partout sur Condroz belge… et mon regard va vers l’extrême-centre, qui trouve ici une illustration parfaite de ses méfaits.)
Hauts les coeurs!
Guy
(PS: Cette vidéo a été supprimée par Youtube, filiale de Google. Mais Condroz belge, filiale de personne, en a sauvé une copie. Encore un des innombrables exemples de l’opacité des entreprises d’informatique et de l’impuissance désinvolte, sinon complice, des législateurs. Étonnons-nous que la méfiance et les complotismes se répandent.)